L’Égypte a arraché son billet pour les seizièmes de finale de la Coupe du monde en décrochant un match nul précieux face à la République islamique d’Iran (1-1), jeudi au Stade de Dallas. Ce résultat, combiné à la victoire simultanée de la Belgique sur la Nouvelle-Zélande dans l’autre rencontre du Groupe G, propulse les Pharaons à la deuxième place de la poule. Une première dans l’histoire du football égyptien, qui n’avait jamais franchi le premier tour d’une phase finale mondiale.
La soirée texane a pourtant débuté sous les meilleurs auspices pour les hommes d’Hossam Hassan. Dès la neuvième minute, Mahmoud Saber, à bout portant, ouvrait le score après une parade manquée d’Alireza Beiranvand sur une frappe déviée de Mohamed Salah. Mais l’Iran, mené au score, a réagi avec la rage des grands tournois. Mehdi Taremi obtenait un penalty pour une faute de Mohamed Abdelmonem, que le portier égyptien Mostafa Shobeir détournait d’une plonge décisive. Malgré cette parade, Ramin Rezaeian parvenait à égaliser sur un angle fermé, après une nouvelle intervention de Shobeir sur un tir de Milad Mohammadi, offrant aux Iraniens un point vital.
Ce match nul historique s’inscrit dans une dynamique de progression du football égyptien sur la scène internationale. Longtemps considérée comme une puissance continentale africaine, l’Égypte butait régulièrement sur l’obstacle du premier tour mondial, malgré la présence de légendes comme Mohamed Aboutrika ou l’actuel capitaine Mohamed Salah. La réforme des compétitions de la FIFA, avec l’élargissement à 48 équipes, a offert aux nations émergentes une fenêtre de tir qu’Hossam Hassan et ses joueurs ont su exploiter. Pour l’Iran, en revanche, ce résultat laisse un goût amer : la VAR a annulé un but de Shoja Khalilzadeh dans le temps additionnel pour hors-jeu, privant les Perses d’une qualification directe et les contraignant à attendre les résultats des autres groupes pour espérer figurer parmi les meilleurs troisièmes.
L’Égypte affrontera donc l’Australie le 3 juillet au Stade de Dallas, un adversaire coriace mais abordable pour une équipe portée par une confiance nouvelle. Cette qualification inédite change la donne pour le football égyptien : elle valide le travail de formation engagé depuis une décennie et pourrait attirer des investissements étrangers dans le championnat local. En cas de succès face aux Socceroos, les Pharaons entreraient dans un territoire encore inexploré, avec un vent de folie susceptible de décupler leurs ambitions. Pour l’Iran, l’attente est psychologiquement éprouvante, car son destin repose sur les derniers matches des Groupes J, K et L. Une élimination au goal-average serait un coup dur pour une génération qui avait les moyens de viser plus haut.
La performance de Mostafa Shobeir restera comme l’un des tournants de cette rencontre. Le gardien égyptien, auteur de plusieurs arrêts décisifs, a non seulement repoussé le penalty de Taremi mais a également effectué une claquette salvatrice dans les ultimes secondes sur une frappe de Saeid Ezatolahi. Son assurance et sa lecture du jeu ont compensé les errements défensifs de sa ligne, à l’image de ce centre mal jugé juste avant la mi-temps que Shoja Khalilzadeh a dégagé in extremis sur sa ligne. Shobeir incarne cette génération qui ne doute plus des grands rendez-vous.
Après la pause, les Égyptiens ont volontairement cédé la possession à leur adversaire, privilégiant le repli et les contres pour préserver l’équilibre du score. Une stratégie risquée mais assumée, car le staff égyptien surveillait en temps réel l’évolution du match Belgique – Nouvelle-Zélande, dont le résultat favorable garantissait la deuxième place. Cette gestion à la fois pragmatique et nerveuse a failli coûter cher, l’Iran multipliant les assauts dans le dernier quart d’heure. Mais la solidarité défensive et la chance, avec le hors-jeu validé par la VAR sur le but annulé, ont permis aux Pharaons de tenir leur rang.
Ce nul 1-1 redistribue les cartes dans le Groupe G : la Belgique termine en tête avec six points, l’Égypte prend la deuxième place avec quatre points, tandis que l’Iran, avec deux points, espère encore une qualification comme meilleur troisième. Les visages des joueurs iraniens à la fin du match en disaient long sur la frustration : l’annulation du but de Khalilzadeh, pour un hors-jeu de quelques centimètres, a laissé des traces. Les Pharaons, eux, ont célébré ce point comme une victoire, conscients d’avoir écrit une page d’histoire dont les échos résonneront bien au-delà des stades du Qatar.



