Le groupe minier canadien Fortuna Mining a dévoilé les résultats très prometteurs de son étude de faisabilité pour le projet aurifère de Diamba Sud, au Sénégal. L’étude évalue la valeur actuelle nette après impôts du projet à 1 milliard de dollars, avec un taux de rendement interne de 60% et un délai de récupération du capital investi estimé à seulement un an, sur la base d’un prix de l’or de 3 500 dollars l’once. Cette annonce confirme l’attractivité du sous-sol sénégalais, à contre-courant des tendances protectionnistes observées chez plusieurs voisins ouest-africains.
Ce projet à ciel ouvert, qui suscite déjà l’attention des investisseurs, affiche des performances opérationnelles solides. Durant ses quatre premières années d’exploitation, Diamba Sud devrait produire en moyenne 158 000 onces d’or par an, avant de stabiliser sa cadence à 116 000 onces sur l’ensemble de sa durée de vie, estimée à 9,4 ans. Les coûts de soutien tout inclus se révèlent particulièrement compétitifs, avec 1 056 dollars l’once en phase de démarrage, ce qui en ferait l’actif le plus rentable du portefeuille de Fortuna. L’étude de faisabilité révisée améliore d’ailleurs les prévisions de l’évaluation économique préliminaire de 2025, augmentant la durée de vie de la mine et confirmant des réserves probables de 1,15 million d’onces.
Ce projet s’inscrit dans un contexte ouest-africain où le nationalisme minier gagne du terrain. Des pays comme le Mali, le Burkina Faso, le Niger et le Ghana ont récemment durci leurs législations, renforcé les participations étatiques et exigé une transformation locale accrue des ressources. À l’inverse, le Sénégal opte pour une stratégie de régulation équilibrée, cherchant à concilier l’attractivité des capitaux étrangers et un contrôle renforcé de l’activité extractive. Cette approche fait de Dakar une destination plus stable et prévisible pour les investisseurs, comme en témoigne l’engagement de Fortuna, qui a déjà approuvé un budget de 73 millions de dollars pour les travaux préparatoires, en attendant les dernières autorisations administratives.
Pour le canadien Fortuna, Diamba Sud est une pièce maîtresse dans sa stratégie de croissance. L’entreprise vise une augmentation de 60% de sa production aurifère annuelle, pour atteindre plus de 500 000 onces d’ici 2028, en parallèle de l’expansion de sa mine de Séguéla en Côte d’Ivoire. La direction mise sur le potentiel d’extension du gisement, avec des forages supplémentaires qui pourraient accroître les réserves, actuellement de 20,5 millions de tonnes, et prolonger la durée de vie de l’exploitation. La décision finale d’investissement, attendue dans les mois à venir, conditionne le début de la production, espéré d’ici à la fin du deuxième trimestre 2028.
Au-delà des chiffres, ce projet illustre la capacité du Sénégal à capter des investissements miniers d’envergure dans un environnement régional complexe. Le pays, qui ne possède pas l’histoire minière de certains de ses voisins, parvient à se positionner comme un pôle de stabilité. Les retombées économiques attendues pour l’économie sénégalaise sont substantielles : un investissement total de près de 397,5 millions de dollars, la création d’emplois directs et indirects, des recettes fiscales et des redevances, sans oublier l’essor des fournisseurs et sous-traitants locaux.
Cependant, si les fondamentaux du projet semblent solides, plusieurs zones d’ombre persistent. La viabilité à long terme de Diamba Sud repose sur un prix de l’or historiquement élevé, fixé à 3 500 dollars l’once dans l’étude. Un retournement du marché des métaux précieux pourrait fragiliser ces calculs. Par ailleurs, le calendrier serré, avec une production visée dans moins de deux ans, dépend de l’obtention rapide des permis finaux, un processus souvent imprévisible dans la région. Enfin, la capacité de l’entreprise à maintenir ses coûts de production bas, face à une inflation potentielle des intrants et aux exigences sociales croissantes, sera déterminante pour transformer ce projet prometteur en succès durable.



