Le président malien Assimi Goïta a effectué jeudi une visite officielle à Ouagadougou, où il s’est entretenu avec le capitaine Ibrahim Traoré. Les deux dirigeants ont réaffirmé leur engagement commun dans la lutte contre le terrorisme et salué les avancées de la Confédération des États du Sahel.
Le général d’armée Assimi Goïta, président de la transition malienne, s’est rendu jeudi à Ouagadougou pour une visite officielle, accueilli par son homologue burkinabè Ibrahim Traoré. À l’issue des échanges, les deux chefs d’État ont publié un communiqué conjoint réaffirmant leur volonté de consolider les « liens spéciaux de fraternité, d’amitié et de coopération agissante » entre le Burkina Faso et le Mali, avec en priorité la lutte contre le terrorisme.
Sur le plan bilatéral, les deux présidents ont affirmé leur détermination à apporter « des réponses adéquates aux défis communs », au premier rang desquels la menace terroriste qui frappe les deux pays depuis plus d’une décennie. Ils ont chargé leurs ministres des Affaires étrangères, Karamoko Jean Marie Traoré pour le Burkina et Abdoulaye Diop pour le Mali, de préparer la tenue à Ouagadougou de la 11e session de la Grande Commission mixte de coopération Burkina-Mali, sans qu’aucune date ne soit communiquée. Sur le plan sous-régional, les deux dirigeants ont plaidé pour un « partenariat pragmatique et mutuellement bénéfique » au service de la paix et du développement durable.
Cette rencontre s’inscrit dans le contexte de la Confédération des États du Sahel (AES), créée en septembre 2023 par le Burkina Faso, le Mali et le Niger, trois pays dirigés par des régimes militaires issus de coups d’État et confrontés à une insécurité persistante. Après avoir annoncé leur retrait de la CEDEAO en janvier 2024, les trois États ont accéléré leur intégration dans ce nouveau cadre, notamment en matière de défense collective, de diplomatie et de développement. Le capitaine Traoré, président en exercice de l’AES, a vu son homologue malien saluer sa « vision » à la tête de la Confédération et ses efforts pour mettre en œuvre les principes et objectifs de l’organisation.
Les deux dirigeants ont salué les « avancées considérables » de l’AES dans la promotion de la souveraineté des trois pays membres en matière de défense, de sécurité, de diplomatie, de développement, de santé et d’éducation. Ils ont également fait un tour d’horizon des grands dossiers continentaux et mondiaux, se félicitant de leur « convergence de vues », sans plus de précisions. Le général Goïta a par ailleurs invité son homologue burkinabè à effectuer une visite officielle au Mali, invitation acceptée, la date devant être fixée « de commun accord par voie diplomatique ». Cette prochaine rencontre devrait permettre d’approfondir les discussions sur les modalités pratiques de la coopération confédérale.
Autre point notable du communiqué, le capitaine Traoré a remercié le général Goïta et le peuple malien pour l’accueil réservé aux ressortissants burkinabè « refoulés de la République de Guinée ». Le document ne précise ni le nombre de personnes concernées, ni les circonstances de ces refoulements, laissant en suspens un dossier migratoire sensible dans la sous-région. Les deux présidents se sont par ailleurs félicités des mesures d’hospitalité et de sécurité dont bénéficient leurs ressortissants sur le territoire confédéral, et ont encouragé leurs communautés à vivre « en bonne harmonie ».
Cette visite illustre la volonté des autorités maliennes et burkinabè de donner corps à l’AES, dont les contours institutionnels et opérationnels restent encore à préciser. Si la coopération sécuritaire constitue le socle de cette alliance, les questions de libre circulation, d’intégration économique et de coordination diplomatique demeurent des chantiers ouverts. La prochaine session de la Grande Commission mixte et la visite annoncée du capitaine Traoré à Bamako constitueront des étapes clés pour mesurer la portée réelle de cette dynamique confédérale, dans un contexte régional où les juntes du Sahel cherchent à affirmer leur autonomie face aux organisations ouest-africaines traditionnelles.



