Le canadien B2Gold Corp. a dégagé un bénéfice net de 200 millions de dollars au premier trimestre, tiré par une production aurifère soutenue au Mali et en Namibie. Avec 237 763 onces d’or extraites, le groupe confirme la place centrale de ses actifs africains dans sa rentabilité, alors qu’un changement de direction se profile.
La performance financière repose sur une génération de cash flow libre de 362 millions de dollars sur les trois premiers mois de l’année, pour un total de liquidités atteignant 479 millions. B2Gold a par ailleurs renforcé son bilan grâce à la cession de Fingold pour 325 millions, tout en annonçant un dividende de 0,02 dollar par action. Ces chiffres traduisent une maîtrise des coûts d’exploitation, saluée par l’actuel directeur financier Mike Cinnamond, qui succédera prochainement à Clive Johnson à la présidence.
Producteur intermédiaire spécialisé dans les mines à ciel ouvert à faible coût, B2Gold a bâti sa réputation sur une diversification géographique incluant l’Afrique, l’Amérique du Nord et l’Asie. Mais ces dernières années, le groupe a recentré ses investissements sur les juridictions à plus fort rendement, comme en témoigne la décision annoncée de céder ses actifs européens pour épauler l’expansion du complexe aurifère Fekola, au Mali. Ce virage stratégique n’est pas neutre : il expose l’entreprise aux aléas politiques et sécuritaires d’une région sahélienne sous tension.
Pour 2025, B2Gold vise une production totale de 970 000 à 1 075 000 onces, dont l’essentiel proviendra de ses mines africaines. En Namibie, la mine Otjikoto devrait livrer entre 185 000 et 205 000 onces, avec le gisement souterrain Antelope en développement pour ajouter 110 000 onces par an à partir de 2026. Au Mali, le complexe Fekola reste le premier contributeur, avec un objectif de 515 000 à 550 000 onces, épaulé par une extension souterraine et un permis régional espéré début 2026, qui pourrait injecter 180 000 onces supplémentaires par an.
L’opérateur ne mise pas tout sur la seule extraction. Pour stabiliser sa production face à la volatilité des prix du carburant, B2Gold a sécurisé les besoins de sa mine Goose au Canada jusqu’en 2026, tandis qu’au Mali, la capacité de stockage de fuel sera augmentée de 20 %. Parallèlement, des projets solaires sont déployés au Mali, en Namibie et aux Philippines, réduisant la dépendance aux énergies fossiles. Cette double stratégie logistique et énergétique constitue un rempart discret mais essentiel à la rentabilité.
L’arrivée de Mike Cinnamond à la tête de B2Gold, après onze ans comme directeur financier, marque une continuité plus qu’une rupture. Reste à savoir si cet ancien artisan de la rigueur budgétaire saura maintenir le cap africain sans céder aux sirènes de la diversification rapide. Son premier test sera de concilier l’ambition de croissance avec les exigences de transparence croissantes dans des pays où la redistribution des richesses minières est devenue un sujet politique brûlant, notamment au Mali.



