Le roi du Maroc, Mohammed VI, a accordé samedi 23 mai 2026 sa grâce aux quinze supporters sénégalais encore incarcérés depuis la finale de la CAN 2025 à Rabat. Une décision motivée par « des considérations humaines » et annoncée à la veille de l’Aïd al‑Adha. Les détenus doivent regagner leur pays dans la soirée.
Ces supporters avaient été condamnés en février par la justice marocaine à des peines allant de trois mois à un an de prison pour hooliganisme. Les faits reprochés incluent des jets de projectiles, une tentative d’invasion du terrain et des violences contre les forces de l’ordre, bien que la défense ait toujours nié ces accusations. Trois d’entre eux avaient déjà purgé leur peine. Les quinze autres bénéficient désormais d’une libération anticipée, confirmée par Me Patrick Kabou, avocat de plusieurs prévenus.
La finale du 18 janvier 2026 avait tourné au chaos. Le Sénégal s’imposait 1‑0 après un penalty accordé au Maroc dans le temps additionnel et un but refusé aux Lions. Les supporters sénégalais avaient alors tenté d’envahir la pelouse, poussant joueurs et entraîneur à quitter le terrain en signe de protestation. La Confédération africaine de football a depuis attribué la victoire sur tapis vert au Maroc, une décision que Dakar a contestée devant le Tribunal arbitral du sport.
Le geste royal apaise des semaines de tensions xénophobes sur les réseaux sociaux entre Marocains et Sénégalais. À Rabat comme à Casablanca, la décision est majoritairement saluée. Mais le contentieux sportif reste entier. Le Sénégal attend toujours le verdict du TAS sur l’attribution de la CAN 2025. Tant que cette question demeure en suspens, la rivalité entre les deux fédérations risque de resurgir.
Les poursuites judiciaires au Maroc s’étaient appuyées sur les images du stade Moulay‑Abdellah, des certificats médicaux de policiers et stadiers blessés, et une évaluation des dégâts à plus de 370 000 euros. Le parquet marocain avait insisté sur la gravité des faits. De leur côté, les familles des détenus dénonçaient une procédure expéditive.
Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a exprimé sur X ses « remerciements les plus sincères » au roi Mohammed VI, saluant une décision « empreinte de clémence et d’humanité ». Le cabinet royal marocain a souligné les « relations fraternelles séculaires » entre les deux pays. Pour Me Kabou, cette grâce, à l’approche de la Tabaski, « met de la joie dans les cœurs » des familles sénégalaises. Reste à savoir si cet apaisement politique survivra au prochain rebond judiciaire du TAS.



