Denis Sassou Nguesso, président de la République du Congo, a reconduit Anatole Collinet Makosso au poste de Premier ministre et dévoilé un nouveau gouvernement de 37 membres. Cette équipe, marquée par la nomination de quatre ministres d’État et d’un vice-Premier ministre, confirme la volonté du chef de l’État de maintenir une continuité institutionnelle après sa récente victoire électorale.
Parmi les principales nominations, Jean Jacques Bouya devient vice-Premier ministre chargé de la coordination des infrastructures et de l’aménagement du territoire. Les ministères régaliens changent de mains : Raymond Zéphirin Mboulou prend la Défense nationale, Jean Olessongo Ondaye l’Intérieur, Constant Serges Boukandza les Affaires étrangères, et Christian Yoka hérite des Finances, du budget et du portefeuille public. Le secteur stratégique des hydrocarbures est confié à Steeve Simplice Onanga, tandis que Bruno Jean Richard Itoua conserve l’Énergie et l’Hydraulique.
Ce remaniement intervient dans la foulée de l’élection présidentielle de mars 2021, largement remportée par Sassou Nguesso, au pouvoir depuis 1979, hors une parenthèse de cinq ans. La continuité affichée de l’exécutif reflète une logique de contrôle politique et de loyauté, caractéristique du régime congolais. La présence de plusieurs figures issues du cercle proche du président, dont son fils Denis Christel Sassou Nguesso, nommé à la Coopération internationale et au partenariat public-privé, illustre la persistance des dynamiques familiales et clientélistes au sommet de l’État.
À court terme, ce gouvernement devra répondre à des défis économiques pressants, malgré les ressources pétrolières du pays. La dette publique, la pauvreté persistante et la faible diversification de l’économie imposent des réformes structurelles. La nomination de plusieurs femmes à des postes sensibles, comme Arlette Soudan Nonault à l’Environnement ou Jacqueline Lydia Mikolo au Commerce et à la ZLECAF, pourrait être perçue comme un signal adressé aux partenaires internationaux, sans garantie pour l’instant d’une inflexion politique majeure.
Le maintien de Thierry Lézin Moungalla à la Communication et aux Médias, doublé de son rôle de porte-parole du gouvernement, confirme l’importance stratégique du contrôle de l’information et de la narration officielle. Par ailleurs, la création d’un vice-Premier ministère, position inédite dans l’architecture gouvernementale récente, suggère une volonté de mieux coordonner les grands chantiers d’infrastructure, vitaux pour le régime en termes de visibilité et de légitimation interne. Reste à savoir si cette nouvelle configuration traduira une efficacité accrue ou simplement un rééquilibrage des allégeances au sein de la coalition présidentielle.



