L’Égypte a écrit une page inédite de son football en se qualifiant pour les huitièmes de finale de la Coupe du monde 2026, pour la première fois de son histoire. Face à l’Australie, vendredi 3 juillet à Dallas, les Pharaons ont arraché leur billet à l’issue d’une séance de tirs au but maîtrisée (4-2), après un match nul 1-1 dans le temps réglementaire et la prolongation. Une performance qui marque un tournant pour une sélection longtemps freinée par ses plafonds de verre sur la scène mondiale.
Les Égyptiens avaient pourtant idéalement entamé la rencontre, ouvrant le score dès la 13e minute par Emam Ashour, d’une frappe prompte qui a déstabilisé la défense australienne. Mais l’avantage s’est dissipé à l’heure de jeu, sur un malheureux contre-son-camp de Mohamed Hany, qui a remis les deux équipes à égalité (55e). Dès lors, le match s’est enlisé dans un combat physique et tactique, les deux formations peinant à trouver la faille. La séance de tirs au but a tourné à l’avantage des Égyptiens, plus adroits et plus sereins, confirmant leur solidité mentale dans un exercice souvent cruel pour les outsiders.
Cette qualification n’est pas le fruit du hasard. L’Égypte avait déjà posé les jalons d’une campagne prometteuse en phase de groupes, où elle a terminé deuxième du groupe G avec sept points, derrière la Belgique. Un parcours marqué par une première victoire historique en Coupe du monde contre la Nouvelle-Zélande (3-1), avant des nuls solides face aux Belges et aux Iraniens (1-1 chacun). De l’autre côté, l’Australie, pourtant expérimentée et habituée des grands rendez-vous, a payé son manque de tranchant offensif, avec seulement deux buts inscrits en trois matchs, pour deux buts encaissés, ce qui l’a conduite à une deuxième place moins rassurante dans le groupe D.
Le prochain obstacle s’annonce redoutable pour les Pharaons. Ils affronteront mardi prochain le vainqueur du choc entre l’Argentine, double championne du monde en titre, et le Cap-Vert, révélation surprise de cette édition. Une opposition qui mettra d’emblée l’Égypte face à un test de dimension supérieure, que ce soit face à la star Lionel Messi et son armada ou face à la fougue des Requins bleus, déjà auteurs d’un parcours historique. Quoi qu’il advienne, cette génération égyptienne a déjà prouvé qu’elle ne pliait pas sous la pression, et elle abordera ce huitième avec l’ambition légitime de bousculer les hiérarchies.
Au-delà du résultat, c’est la capacité de cette équipe à tenir mentalement qui interpelle. Rarement citée parmi les favorites, l’Égypte a su transformer son vécu de finaliste malheureux de la Coupe d’Afrique en carburant. Le gardien et capitaine, Mohamed El Shenawy, a été décisif dans la séance de tirs au but, rappelant que les grands gardiens font les grands rendez-vous. Cet état d’esprit, couplé à une défense qui n’a encaissé que trois buts en quatre matchs, pourrait bien être l’atout maître face à des adversaires plus clinquants.
Pour l’Australie, cette élimination précoce a un goût amer. Les Socceroos, qui visaient une nouvelle performance après leur quart de finale en 2022, ont buté sur leur incapacité à tuer le match. Leur dépendance aux coups de pied arrêtés et leur fébrilité dans la construction ont été exposées par une équipe égyptienne plus cohérente collectivement. Ce revers pourrait relancer le débat sur le renouvellement générationnel en Australie, alors que plusieurs cadres approchent de la fin de leur cycle, tandis que l’Égypte, elle, semble entrer dans une ère de maturité compétitive.



