L’Espagne a arraché sa place en demi-finale de la Coupe du monde 2026 en battant la Belgique 2-1, vendredi à Los Angeles, grâce à un but tardif de Mikel Merino. Entré en jeu en fin de match, le milieu de terrain a délivré les siens à la 88e minute, évitant une prolongation que les Belges, pourtant dominés, commençaient à espérer. La Roja affrontera la France le 14 juillet à Dallas pour une place en finale, vingt ans après son dernier titre mondial.
La rencontre a longtemps obéi à une logique de mainmise espagnole, concrétisée à la demi-heure de jeu par Fabián Ruiz. L’action, née d’un débordement de Lamine Yamal sur le côté droit et d’un centre de Pedro Porro, a vu Dani Olmo voir sa reprise repoussée par Thibaut Courtois, avant que Ruiz ne pousse le ballon au fond des filets. Mais la Belgique, sur son unique incursion de premier acte, a rétabli l’équilibre juste avant la pause : centre de Timothy Castagne, tête décroisée de Charles De Ketelaere, et fin de l’invincibilité d’Unai Simón dans ce tournoi. Au retour des vestiaires, le scénario s’est répété, avec une Espagne confisquant le ballon mais butant sur un bloc belge discipliné, tandis que Jérémy Doku guettait les contres. Jusqu’à ce que Merino, déjà héros en huitième de finale, ne surgisse pour crucifier Courtois et offrir un nouveau souffle à la Roja.
Ce succès en quart de finale revêt une dimension particulière pour l’Espagne, qui retrouve le dernier carré d’une Coupe du monde pour la première fois depuis son sacre en Afrique du Sud en 2010. Entre-temps, la Roja a connu des désillusions à répétition, échouant trois fois consécutivement en huitièmes de finale (2014, 2018, 2022) avant d’être éliminée en quarts par le Maroc en 2022. La génération actuelle, emmenée par un Luis de la Fuente qui a su insuffler un second souffle au tiki-taka, incarne un renouveau fondé sur un mélange de jeunesse explosif et d’expérience retrouvée. Pour la Belgique, en revanche, cette élimination prolonge la malédiction des quarts, déjà vécue en 2014, 2018 et 2022, malgré une génération dorée qui n’aura jamais réussi à franchir ce cap.
L’affiche du 14 juillet à Dallas entre l’Espagne et la France promet d’être un choc de titans, les deux nations ayant dominé le football européen ces dernières années. Les Espagnols, portés par leur maîtrise collective, devront se méfier de la force de frappe adverse et de l’intensité physique d’un adversaire qui les attend au tournant. Luis de la Fuente, qui a salué le caractère de son groupe, sait que cette rencontre pourrait sceller l’héritage de sa génération. L’enjeu est double, puisqu’au-delà de la finale, c’est une forme de légitimité continentale qui se jouera sur le sol américain. La Belgique, elle, devra digérer une nouvelle déception et entamer une transition générationnelle qui s’annonce délicate, Rudi Garcia ayant pointé « un détail » pour expliquer l’échec de son équipe.
La performance de Mikel Merino, qui confirme son statut de supersub après son but décisif en huitième de finale, illustre la profondeur du banc espagnol, un atout souvent sous-estimé dans ce type de compétition. « Nous sommes à deux matches d’un titre mondial. C’est un rêve qui devient réalité », a-t-il déclaré après la rencontre, en évoquant un « duel au sommet » face aux Bleus. Ce discours contraste avec la retenue affichée par un Luis de la Fuente qui, tout en félicitant ses joueurs pour leur caractère, a reconnu que son équipe aurait dû « tuer le match plus tôt » face à une défense belge courageuse.
Du côté belge, les regrets sont amers. Rudi Garcia, qui n’a pas caché sa frustration, a salué la résistance de ses hommes face à la domination technique adverse. « Mes joueurs ont regardé les Espagnols les yeux dans les yeux, mais sur un détail, nous sortons », a-t-il analysé, pointant du doigt la fébrilité défensive sur le deuxième but encaissé. L’absence de Kevin De Bruyne, blessé avant le tournoi, a pesé lourd dans la construction du jeu belge, privant les Diables Rouges de leur maestro habituel. Pour une génération qui touche à sa fin, avec des cadres comme Courtois ou Romelu Lukaku sur le déclin, ce quart de finale ressemble à un dernier baroud d’honneur manqué, laissant présager un avenir incertain pour la sélection.



