L’Iran a annoncé, vendredi, la réouverture « totale » du détroit d’Ormuz, artère stratégique du transport pétrolier mondial. Cette décision, valable pour la durée restante de la trêve négociée avec Washington, intervient alors qu’un cessez-le-feu entre Israël et le Liban est entré en vigueur. Mais Téhéran prévient déjà : si le blocus américain de ses ports se maintient, le passage sera à nouveau fermé.
La déclaration émane de Mohammad Bagher Ghalibaf, président du Parlement iranien, qui a rappelé que tout franchissement du détroit demeure soumis à l’autorisation de l’Iran. Son ministre des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a précisé sur X que cette ouverture était directement liée à l’accord de cessez-le-feu au Liban. En parallèle, Donald Trump a maintenu le blocus naval américain, affirmant que la plupart des points de discorde étaient déjà réglés et que les négociations sur le programme nucléaire iranien devraient aboutir rapidement.
Ce bras de fer s’inscrit dans une escalade amorcée la semaine dernière, lorsque Washington a imposé un blocus des ports iraniens, après l’échec des pourparlers d’Islamabad sur les ambitions nucléaires de Téhéran. L’Iran avait alors conditionné la réouverture du détroit à une trêve au Liban, obtenue vendredi. La région du Golfe, déjà secouée par les tensions entre Israël et le Hezbollah, se retrouve une nouvelle fois au centre d’une confrontation indirecte entre les États-Unis et la République islamique, où chaque geste diplomatique est négocié sous la menace d’une fermeture de ce passage stratégique.
Les cinq jours restants de la trêve américano iranienne seront décisifs. Trump assure qu’Israël n’est plus autorisé à bombarder le Liban et affirme que l’Iran a accepté de ne plus jamais bloquer Ormuz, tout en proposant une collaboration pour transférer l’uranium enrichi iranien vers les États Unis. Téhéran a déjà rejeté cette dernière idée. Si aucun accord global n’est trouvé, le détroit pourrait être refermé, provoquant une nouvelle flambée des prix du pétrole et une onde de choc sur les marchés mondiaux.
Dès l’annonce iranienne, les cours du pétrole ont chuté brutalement : le Brent a perdu plus de 10 %, tombant à 89,32 dollars, tandis que le WTI cédait près de 12 %. Wall Street et les places européennes ont bondi, Paris clôturant en hausse de près de 2 %. Cette détente rapide montre à quel point le détroit d’Ormuz, par où transite un tiers du pétrole maritime mondial, est devenu un baromètre instantané de la confiance des investisseurs.
Avant même cette réouverture, l’Association internationale du transport aérien (IATA) avait appelé à une coordination des régulateurs face à un possible rationnement du kérosène, notamment en Europe. Au Canada, Air Canada avait déjà suspendu ses vols vers l’aéroport new yorkais JFK en raison du coût excessif du carburant. La réouverture d’Ormuz soulage temporairement ces secteurs, mais l’épée de Damoclès d’un nouveau blocus iranien reste suspendue au-dessus de l’économie mondiale.



