Le CDC Afrique a été placé en état d’alerte après la détection d’un foyer de hantavirus à bord du navire de croisière international MV Hondius. Bilan provisoire, au 4 mai 2026 : sept cas recensés, trois décès, un patient toujours dans un état critique hospitalisé en Afrique du Sud.
Les premiers symptômes sont apparus entre le 6 et le 28 avril, sous forme de fièvre et de troubles digestifs avant d’évoluer rapidement vers des atteintes pulmonaires sévères : pneumonie, syndrome de détresse respiratoire aiguë et état de choc. Le patient zéro est décédé à bord le 11 avril. Sa dépouille se trouve actuellement à Sainte Hélène, en attente de rapatriement vers les Pays Bas. Le CDC Afrique précise que seuls deux des sept cas ont été formellement confirmés en laboratoire, les cinq autres étant considérés comme suspects.
Habituellement rare dans l’univers confiné des paquebots, le hantavirus se transmet principalement par contact direct avec des excréments, l’urine ou la salive de rongeurs contaminés. Le MV Hondius avait quitté Ushuaia, en Argentine, le 20 mars à destination des îles Canaries via le Cap Vert. La promiscuité à bord, avec 147 personnes équipage compris, a probablement favorisé la propagation. Cette configuration interroge les protocoles sanitaires en vigueur sur les navires de croisière, souvent critiqués pour leur porosité face aux zoonoses.
Le CDC Afrique travaille en coordination avec les pays concernés pour évaluer les risques et affiner la réponse sanitaire. Les investigations se concentrent sur l’origine de la contamination : un rongeur introduit à bord lors d’une escale ? Une denrée alimentaire infectée ? Une contamination préalable à l’embarquement ? L’évolution de la situation dépendra aussi de la capacité à tracer d’autres passagers exposés, sachant que l’incubation du hantavirus peut aller de une à cinq semaines.
La gravité des cas et la survenue de trois décès en moins d’un mois placent cette épidémie sous haute tension sanitaire. Le hantavirus n’est pas réputé pour sa transmission interhumaine directe, mais les formes graves observées ici, avec syndrome de détresse respiratoire aiguë, rappellent la dangerosité de certaines souches sud américaines. Pour l’instant, aucun élément ne permet d’affirmer qu’une transmission de passager à passager a eu lieu. Mais le silence des autorités argentines et cap verdiennes sur d’éventuels contrôles à quai interroge. Le CDC Afrique, souvent critiqué pour ses moyens limités, joue ici une partition délicate : alerter sans semer la panique, investiguer sans moyens démesurés. La crédibilité de l’institution se jouera dans les prochains jours, sur sa capacité à imposer une réponse coordonnée là où, trop souvent, les pays africains réagissent encore seuls.



