Les Mamelodi Sundowns ont reçu un accueil de héros, mardi 26 mai à Pretoria, après leur victoire en finale de la Ligue des champions de la CAF face aux Marocains de l’ASFAR Rabat. Dans les rues poussiéreuses du township de Mamelodi, des milliers de supporters vêtus de jaune ont célébré ce deuxième titre continental, arraché deux jours plus tôt au Maroc. Une ferveur rare, à la hauteur de l’exploit.
Ce succès permet aux Sundowns de devenir la première équipe sud-africaine à arborer deux étoiles sur leur maillot, signe de deux sacres en Ligue des champions africaine. Le club, propriété de Patrice Motsepe, également président de la CAF, empoche au passage un chèque record de six millions de dollars. Sur place, l’émotion était vive. Memory, femme de ménage, a posé un jour de congé pour voir passer le bus des héros. Sidney, supporter depuis l’enfance, a tenu à saluer la résilience de l’équipe et de son entraîneur Cardoso, malgré les critiques reçues en cours de saison.
Le football sud-africain a longtemps vécu dans l’ombre des clubs nord-africains, historiquement dominateurs sur la scène continentale. Al Ahly, le Wydad Casablanca ou l’Espérance de Tunis ont souvent dicté leur loi, renforçant l’idée d’un fossé technico financier avec l’Afrique australe. Les Sundowns, déjà sacrés en 2016, avaient depuis buté à plusieurs reprises en phases finales. Cette victoire contre l’ASFAR, finaliste marocain intraitable, vient inverser un rapport de force que beaucoup pensait immuable.
Ce titre redessine les équilibres continentaux. Les Sundowns prouvent que les clubs sud-africains peuvent rivaliser durablement avec le Nord, à condition de s’appuyer sur des structures solides et un soutien populaire inconditionnel. Mais la saison n’est pas parfaite : le club a perdu le championnat national face aux Orlando Pirates. Reste à savoir si cette étoile européenne, acquise en Ligue des champions, marque le début d’une hégémonie régionale ou simplement un exploit ponctuel. La réponse viendra sur le terrain, dès la prochaine édition.
Dans les rues de Mamelodi, la liesse populaire ne masque pas les difficultés du quotidien. Chômage, poussière, logements précaires. Mais pendant quelques heures, le football a effacé les inégalités. Comme le rappelle Sandile, un supporter survolté : « On change le discours. Le Nord a désormais peur des Sundowns. » Un sentiment de revanche, assumé, qui dépasse le simple cadre sportif.
Au delà du symbole, cette victoire a aussi un prix. Les six millions de dollars offerts par la CAF constituent un record pour la compétition. Une manne financière qui pourrait permettre au club de recruter davantage et d’asseoir sa domination régionale. Pourtant, pour les milliers de supporteurs venus acclamer leur équipe, l’argent ne compte pas. Seule compte cette étoile, conquise loin de chez eux, mais ramenée à la maison comme un trésor.



