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le vice-président américain J.D. Vance (à gauche) serre la main du Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif avant leur rencontre à Islamabad
le vice-président américain J.D. Vance (à gauche) serre la main du Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif avant leur rencontre à Islamabad, @AP

Ouverture des négociations entre l’Iran et les Etats-Unis à Islamabad

Marc Senecal 11 Apr 2026 États-Unis, Iran, Monde, Politique, TV, Video 1291 Lectures

Des négociations directes entre l’Iran et les États Unis ont débuté samedi à Islamabad, sous l’égide du Pakistan. L’objectif affiché est clair : tenter de mettre un terme à la guerre qui embrase le Moyen Orient. Mais alors que les deux délégations ont été reçues séparément par le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, la marge de manœuvre semble étroite, et les menaces américaines planent au dessus de la table des discussions.

Le vice président américain JD Vance, en route pour la capitale pakistanaise, a appelé à des “négociations positives” avec Téhéran. Une formule de circonstance aussitôt contredite par la posture plus brutale de Donald Trump. Le président américain a prévenu : en cas d’échec des pourparlers, de nouveaux bombardements frapperont l’Iran. Cette pression maximale contraste avec la volonté affichée de dialogue. Sur le fond, les positions demeurent radicalement opposées. On ignore encore si les discussions porteront sur le plan américain en quinze points ou sur la proposition iranienne en dix points. Les désaccords restent profonds sur trois dossiers sensibles : le programme nucléaire iranien, le contrôle du détroit d’Ormuz, et l’influence respective des deux puissances au Liban.

le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif (2e à droite) et le ministre des Affaires étrangères Ishaq Dar (à droite) saluant le président du Parlement iranien Mohammad Bagher Ghalibaf (2e à gauche) lors de leur rencontre avant les pourparlers de paix américano-iraniens à Islamabad.
Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif (2e à droite) et le ministre des Affaires étrangères Ishaq Dar (à droite) saluant le président du Parlement iranien Mohammad Bagher Ghalibaf (2e à gauche) lors de leur rencontre avant les pourparlers de paix américano-iraniens à Islamabad. @AP

Ces négociations ne tombent pas de nulle part. Elles interviennent après des mois d’escalade militaire régionale, ponctués de frappes israéliennes, de tirs de missiles iraniens et d’attaques contre des navires en mer Rouge. La communauté internationale multiplie les appels à la désescalade, mais aucun cessez le feu durable n’a encore tenu. La trêve actuelle entre Washington et Téhéran, conclue sous médiation qatarie et omanaise, reste précaire. Dans ce vide diplomatique, le Pakistan joue une carte inattendue en offrant son territoire comme lieu de dialogue, espérant renforcer son poids géopolitique régional.

L’issue des pourparlers à Islamabad déterminera en grande partie la trajectoire du conflit dans les prochains mois. Un accord, même partiel, pourrait rouvrir la voie à une stabilisation relative. Mais un échec ouvrirait la porte à une escalade militaire majeure, Donald Trump ayant déjà fixé son ultimatum. Par ailleurs, ces discussions irano américaines interfèrent directement avec un autre dossier brûlant : celui du Liban. Un responsable américain a confirmé jeudi que des pourparlers entre le Liban et Israël sont prévus la semaine prochaine à Washington. Israël poursuit ses bombardements meurtriers sur le territoire libanais, menaçant la trêve déjà fragile.

Face à cette pression, Benjamin Netanyahu a annoncé avoir ordonné à son cabinet d’engager des “négociations directes” avec Beyrouth. Une volte fait qui contraste avec les semaines précédentes marquées par une rhétorique guerrière. Mais le gouvernement libanais pose une condition claire : pas de discussions sans un cessez le feu préalable. Ce décalage stratégique révèle les limites de la médiation américaine, incapable pour l’instant d’imposer un agenda commun. Pendant ce temps, la population libanaise paie le prix le plus lourd, prise entre les frappes israéliennes et les calculs géopolitiques des grandes puissances.

En définitive, Islamabad n’est qu’un théâtre parmi d’autres d’une région livrée à une logique de confrontation totale. L’administration Trump joue sur deux tableaux : négocier sous la menace, tout en poursuivant des frappes indirectes via son allié israélien. L’Iran, de son côté, cherche à gagner du temps et à consolider ses positions régionales. Dans ce jeu dangereux, les véritables enjeux humanitaires et sécuritaires passent au second plan. Le lecteur averti comprendra que ces négociations ne régleront rien si elles ne s’accompagnent pas d’une refonte complète des équilibres stratégiques au Moyen Orient. Et sur ce point, ni Washington ni Téhéran ne semblent prêts à céder.

etats unis iran 2026-04-11
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