Le Ghana a officiellement refusé un accord sanitaire majeur avec les États-Unis, rejoignant ainsi la Zambie et le Zimbabwe. Motif invoqué : le refus de céder un accès jugé excessif à ses données nationales de santé. Ce rejet, confirmé par une source proche des négociations, affaiblit la stratégie de Washington sur le continent.
L’accord prévoyait 109 millions de dollars sur cinq ans pour lutter contre le VIH, le paludisme, et renforcer la santé maternelle et infantile. Les discussions avaient débuté en novembre dernier, mais les États-Unis ont imposé un ultimatum au 24 avril. Face à des clauses exigeant un partage pérenne de données sensibles, Accra a jugé les conditions inacceptables. Le montant exact de la contribution ghanéenne restait flou, mais la pression américaine s’est accrue en fin de négociation.
Avant le Ghana, la Zambie avait gelé un projet de plus d’un milliard de dollars, estimant que certains articles ne servaient pas son intérêt national. Le Zimbabwe avait également rompu les discussions sur 350 millions de dollars, dénonçant une atteinte à sa souveraineté. Ces refus s’inscrivent dans une méfiance croissante en Afrique face aux dispositifs d’aide occidentaux jugés intrusifs, d’autant plus que Washington a versé 219 millions de dollars au Ghana en 2024, avant les coupes budgétaires décidées par Donald Trump en 2025.
D’ici fin 2025, les États-Unis devront revoir leur modèle de négociation s’ils veulent maintenir leur influence sanitaire en Afrique de l’Ouest et australe. À l’inverse, les pays refusant ces clauses pourraient chercher des partenaires alternatifs, notamment en Europe ou en Chine. Le risque est double : une baisse des financements contre le VIH et le paludisme, et une fragmentation des politiques de santé publiques sur le continent.
Pourtant, 17 nations africaines, dont le Nigeria, le Burkina Faso, la RDC, le Kenya et le Rwanda, ont accepté ces nouveaux accords. Ce contraste révèle un clivage entre États prêts à troquer une part de leur autonomie sanitaire contre des financements, et ceux qui y voient une menace pour la confidentialité des données populationnelles. Le débat ne porte pas sur l’efficacité des programmes, mais sur la propriété des informations médicales.
« Nous continuons à chercher des moyens de renforcer le partenariat bilatéral », a déclaré un porte-parole ghanéen, sans cacher les désaccords. L’administration Trump, en gelant l’USAID, a déjà réduit la marge de manœuvre diplomatique américaine. Désormais, chaque clause devient un test de souveraineté. Les prochains mois diront si Washington assouplit ses exigences ou assume de perdre d’autres pays influents comme le Ghana.



