La Côte d’Ivoire a repris la tête du classement des juridictions minières les plus attractives d’Afrique de l’Ouest, selon l’enquête annuelle du Fraser Institute publiée le 26 février. Avec un score de 60,92/100, le pays gagne dix points par rapport à 2024 et confirme la pertinence de sa stratégie de promotion du secteur aurifère. Si ce résultat renforce son leadership sous-régional, il souligne également l’écart persistant avec les poids lourds miniers du continent comme le Botswana et le Maroc, qui dominent le classement africain.
Le Fraser Institute, groupe de réflexion canadien, a publié son classement annuel des juridictions minières les plus attractives pour les investisseurs. L’enquête 2025, menée auprès de cadres dirigeants de l’industrie minière, place la Côte d’Ivoire au premier rang en Afrique de l’Ouest et au cinquième rang continental.
Le score d’attractivité du pays s’établit à 60,92 points sur 100, contre 55,70 en 2024. Cette progression repose sur l’amélioration de deux indicateurs clés : l’indice de perception des politiques minières et l’indice de potentiel minéral. Le Ghana, leader régional en 2024, recule à la deuxième place avec 55,21 points, suivi de la Guinée (52,16), du Mali (46,58) et du Burkina Faso (35,29). À l’échelle continentale, la Côte d’Ivoire se classe derrière le Botswana, le Maroc, la Zambie et la Tanzanie.
La remontée de la Côte d’Ivoire s’explique par la stabilité de son cadre réglementaire et la continuité de sa politique de valorisation des ressources, principalement aurifères. Plusieurs sociétés junior et intermédiaires actives sur son territoire, comme Turaco Gold et African Gold, communiquent régulièrement sur la rapidité des processus administratifs et la qualité du potentiel géologique, ce qui influence positivement la perception des répondants à l’enquête.
Cette dynamique intervient dans un contexte de production aurifère en hausse, le pays visant le statut de premier producteur d’or en Afrique de l’Ouest francophone. Le gouvernement ivoirien a maintenu un dialogue soutenu avec les investisseurs, notamment lors de grands rendez-vous internationaux comme l’Africa Down Under, où ses représentants et les opérateurs privés ont mis en avant la fluidité des procédures d’exploration. L’effet de ces communications se reflète dans les réponses au questionnaire du Fraser Institute, collectées avant la publication du rapport.
Le classement conforte la stratégie ivoirienne d’attraction des capitaux étrangers, principalement canadiens, australiens et britanniques, qui dominent l’exploration aurifère dans le pays.
Le gouvernement ivoirien, qui voit sa politique de “guichet unique” et de sécurité juridique validée par les acteurs du marché. Les compagnies déjà implantées, dont la communication positive se trouve renforcée, facilitant leurs futures levées de fonds.
Le Ghana, qui perd sa couronne régionale. Bien que son score reste solide, il pâtit probablement d’une perception plus contrastée sur sa pression fiscale ou la stabilité de son régime minier.
La Côte d’Ivoire dispose encore d’une marge de progression sur le plan continental. Le Botswana et le Maroc, qui trustent les premières places, offrent des modèles différents : le premier repose sur un système de partenariat public-privé mature dans le diamant, le second sur une industrie des phosphates et une stratégie de transformation locale avancée.
La reconnaissance du Fraser Institute devrait conforter l’intérêt des investisseurs juniors pour les permis d’exploration ivoiriens. Les sociétés cotées utilisent ce type de classement pour rassurer leurs actionnaires sur la sécurité de leurs actifs. On peut anticiper un maintien, voire une accélération, des programmes de forages sur les projets aurifères en développement, comme Afema ou Boundiali.
Ce leadership ouest-africain place la Côte d’Ivoire en position de force pour négocier les futurs contrats miniers. Elle renforce également son attractivité pour attirer des investissements non plus seulement dans l’exploration, mais aussi dans la transformation locale. Le pays ambitionne de devenir une plaque tournante du raffinage en Afrique de l’Ouest. Ce score est un argument supplémentaire pour convaincre les majors de l’or d’y implanter des unités de production plus sophistiquées.
Le classement du Fraser Institute mesure des perceptions, pas la production réelle ou les retombées économiques locales. Il repose sur un échantillon limité de répondants, dont les intérêts (sécurisation des permis, fiscalité légère) ne coïncident pas toujours avec les objectifs de développement local des États.
Par ailleurs, le contexte sécuritaire régional reste une menace. Bien que la Côte d’Ivoire soit stable, sa proximité avec le Sahel central (Mali, Burkina Faso) où l’insécurité progresse, pourrait à terme altérer la perception de risque si des incidents venaient à se produire près de ses frontières nord.
Classement des juridictions minières les plus attractives en Afrique en 2025
1 Botswana
2 Maroc
3 Zambie
4 Tanzanie
5 Côte d’Ivoire
6 République démocratique du Congo
7 Namibie
8 Ghana
9 Angola
10 Afrique du Sud
11 Guinée
12 Mali
13 Égypte
14 Burkina Faso



