La Tunisie a vécu une nuit de cauchemar. Entrée en lice dans le groupe F de la Coupe du monde 2026, la sélection nationale a été écrasée par la Suède (5-1), concédant sa plus lourde défaite en phase finale depuis des décennies. Une humiliation qui succède directement à la correction infligée par la Belgique en match amical (5-0). En l’espace de huit jours, les Aigles de Carthage ont encaissé dix buts. Le Mondial vire déjà au fiasco.
Dominés dans tous les compartiments du jeu, les Tunisiens n’ont jamais existé. Dès la 7e minute, le jeune gardien Mouhib Chemakh, inexpérimenté à ce niveau, commet une sortie hasardeuse qui profite à Yassine Ayari, Suédois d’origine tunisienne, pour ouvrir le score. Malgré un bref sursaut et un but de Omar Rekik juste avant la mi-temps (2-1), l’équipe a sombré en seconde période. Hannibal Mejbri, titulaire et attendu comme un leader, a livré une prestation désastreuse : lenteur, imprécision, nonchalance. Derrière lui, la défense, jadis fierté du groupe, s’est révélée poreuse et attentiste.
Ce naufrage interroge d’autant plus qu’il survient après un parcours de qualifications exceptionnel : dix matchs, dix victoires, zéro but encaissé. Une statistique qui avait nourri un certain optimisme, rapidement douché par le match contre la Belgique. Ce test, bien qu’amical, avait déjà exposé les mêmes fragilités : pertes de balle incessantes, transitions défensives molles, absence de liant collectif. À l’époque, on parlait d’alerte. Face à la Suède, on doit parler de confirmation. Les observateurs pointent une équipe sans repères, où l’orgueil et l’abnégation qui faisaient jadis la force tunisienne ont disparu.
Le prochain match contre le Japon est déjà une dernière chance, mathématiquement et symboliquement. Mais au-delà du score, c’est l’image qui inquiète. Une troisième défaite en poules, hypothèse très réaliste, offrirait à la Tunisie son pire bilan en six participations mondiales. Jamais les Aigles n’avaient semblé aussi démunis. La colère des supporters, qui réclament déjà la démission du sélectionneur Sabri Lamouchi et celle de la Fédération, risque de monter encore. Si rien ne change dans l’état d’esprit, ce Mondial 2026 deviendra une page à effacer au plus vite.
Ce qui frappe les observateurs, c’est l’absence de réaction. Le sélectionneur n’a effectué ses premiers changements qu’à la 70e minute, alors que le score était déjà de 3-1. Un tempo incompréhensible pour une équipe en pleine déliquescence. Les mêmes erreurs constatées contre la Belgique sont réapparues : conservations de balle catastrophiques, aucun pressing organisé, et une incapacité à exister dans les duels. Pire, la Suède, pourtant modeste 39e nation mondiale, n’a eu qu’à pousser le ballon pour trouver des espaces. Ce niveau de déficit tactique, à une Coupe du monde, relève de l’impensable pour une sélection qui se voulait encore compétitive il y a quelques mois.
Dans les rues de Tunis comme sur les réseaux sociaux, la désillusion est violente. « On ne demande pas de gagner le Mondial, mais au moins de se battre », écrit un internaute. Un autre résume le sentiment général : « Perdre contre plus fort est acceptable. Être humilié de cette façon ne l’est pas. » Beaucoup peinent à reconnaître cette équipe, eux qui avaient l’habitude d’une sélection certes limitée techniquement, mais courageuse et organisée. La comparaison avec les autres nations maghrébines, en pleine progression, achève de rendre la pilule amère. Pour nombre de supporters, ce Mondial est déjà un Mondial à oublier. Reste à savoir si les dirigeants et le staff auront la lucidité d’en tirer toutes les leçons.



