C’est le montant alloué à la phase 2 du projet i yéké-oko dont la cérémonie de lancement couplée au projet RESINA-CAM a été présidée par le gouverneur de la région de l’Est.
L’évêché de Batouri a fait salle comble le 18 février 2026 à l’occasion de l’atelier de lancement de la phase 2 du projet i yéké-oko couplé à la présentation officielle du projet RESINA-CAM. Autorités administratives, partenaires techniques et financiers, responsables communautaires et beneficiaires ont répondu présents pour marquer le démarrage d’une nouvelle étape dans l’appui aux territoires fragilisés par la crise centrafricaine. Financée à hauteur de 10 millions d’euros par l’Agence française de développement (AFD), la phase 2 du projet sera mise en œuvre au Cameroun et en République centrafricaine sur la période 2025-2028. Elle consolidera les résultats de la première phase et approfondira l’impact dans les zones affectées par les déplacements de populations, notamment dans la Kadey au Cameroun et à Mambéré-Kadeï en RCA.
Au total, 18 657 bénéficiaires directs sont ciblés, dont 13 897 au Cameroun et 4 760 en République centrafricaine. Le projet touchera également 374 260 bénéficiaires indirects, soit 204 000 au Cameroun et 170 260 en Centrafrique. L’ambition est de contribuer à un développement équilibré, simultané et durable des territoires touchés par les mouvements des populations, en renforçant l’accès aux services sociaux de base, la cohésion sociale et les moyens de subsistance. Prenant la parole, la présidente nationale de la Croix-Rouge camerounaise, Cécile Akame Mfoumou, a rappelé que la première phase du projet a soutenu plus de 236 000 personnes, hôtes et déplacées confondues. Elle a amélioré l’accès aux services sociaux de base, a promu la cohésion sociale et a renforcé les moyens de subsistance des communautés soumises à de fortes pressions migratoires et économiques. « La phase 2 ambitionne de consolider les acquis et d’accompagner un développement territorial équilibré et durable”, a-t-elle souligné.
Lancé dans la dynamique d’i yéké-oko, le projet RESINA-CAM (Résilience des systèmes nutritionnels et alimentaires au Cameroun) se positionne comme un véritable filet de sécurité sociale. Financé par la France à travers l’Initiative française pour la sécurité alimentaire et la nutrition, il est déployé dans les régions de l’Est et de l’Extrême-Nord. Son action cible prioritairement les femmes enceintes et allaitantes, les enfants de moins de 02 ans et les réfugiés. Dans la région de l’Est, où le taux de malnutrition chronique atteint 30 %, le projet prévoit l’accompagnement de 9861 femmes enceintes et allaitantes, 8 267 enfants de moins de deux ans et 4 394 réfugiés. Il combine prévention nutritionnelle et assistance alimentaire ciblée ainsi que l’appui à l’entrepreneuriat féminin avec un accent sur l’égalité de genre et sur les activités génératrices de revenus. « Le nouveau financement mobilisé, à la suite du projet i yéké-oko 1, accompagne la sortie de crise et soutient le développement local “, a souligné Andrzej Rogulski, responsable d’équipe projet gouvernance-Afrique centrale à l’AFD. Clôturant les travaux, le gouverneur de la région de l’Est, Grégoire Mvongo, a invité les services décontrés de l’Etat à faciliter la mise en œuvre des projets et à renforcer la collaboration avec les équipes opérationnelles ainsi qu’avec les collectivités territoriales de part et d’autre de la frontière camerouno-centrafricaine.
Bibiane Emeline NNANG



