L’Agence nationale de renseignement et de sécurité (NISA) de Somalie a annoncé ce week-end avoir neutralisé au moins vingt-deux combattants d’Al-Shabaab, dont plusieurs cadres de haut rang, lors d’opérations menées dans les régions stratégiques de Hiran et Mudug, dans le centre du pays. Ces interventions, conduites en coordination avec des partenaires internationaux engagés dans la mission de maintien de la paix, marquent une escalade significative dans la campagne gouvernementale contre les insurgés.
La première opération, ciblant un rassemblement de militants dans la zone de Dumaaye, région de Mudug, a coûté la vie à une quinzaine de combattants. Parmi les responsables éliminés figurent Xudeyfa Galinle, représentant adjoint d’Al-Shabaab à Mudug, l’ancien commandant de milice Qataatow, Abdirahman Garwayne, chef local dans le secteur de Jowle, ainsi que Daahir et Abdiwali, respectivement responsables des milices à Dumaaye, Dabagalo et Bacaadweyne. La NISA précise que des habitations servant de postes de garde pour Mustafa Caato, chef de milice influent à Hiran, ont également été détruites.
La seconde intervention a permis de neutraliser sept individus, dont deux figures majeures du réseau financier de la mouvance terroriste : Qaliif Mumin Sabriya et Osman Abdulle Farah. Des véhicules utilisés par les insurgés ont aussi été détruits au cours de cette opération.
Ces frappes s’inscrivent dans un contexte de renforcement des opérations militaires dans les régions centrales du pays, où les forces gouvernementales et leurs alliés tentent de reprendre le contrôle de zones rurales longtemps laissées sous influence djihadiste. Depuis l’élection du président Hassan Sheikh Mohamoud en 2022, Mogadiscio a fait de la lutte contre Al-Shabaab une priorité nationale, intensifiant la coordination avec les milices claniques locales et les forces étrangères, notamment la Mission de transition de l’Union africaine (ATMIS).
La NISA affirme que ces actions visent à démanteler méthodiquement les derniers bastions d’Al-Shabaab et à assécher ses réseaux logistiques et financiers. La persistance des attaques du groupe, capable de mener des attentats-suicides et des embuscades meurtrières jusque dans la capitale, rappelle toutefois l’ampleur du défi sécuritaire.
Les observateurs notent que l’élimination de cadres moyens, bien que symbolique, ne garantit pas un affaiblissement durable de l’organisation, qui a démontré par le passé sa capacité à se régénérer rapidement. La véritable épreuve pour les autorités somaliennes résidera dans leur aptitude à consolider les zones reprises et à offrir une alternative crédible aux populations locales, souvent prises en étau entre la brutalité des insurgés et les exactions parfois commises par les forces gouvernementales.



