Ce week-end, la Centrafrique a officiellement lancé la campagne du second tour des élections législatives, couplée à des scrutins partiels. Prévu le 26 avril, ce rendez-vous électoral concerne 46 circonscriptions pour le second tour et 10 autres pour des partiels. Les autorités assurent avoir pris toutes les mesures pour garantir la transparence du vote, malgré un appel au boycott maintenu par une plateforme de l’opposition, le Bloc Républicain pour la Défense de la Constitution.
La campagne, qui a débuté le 11 avril, se déploie sur le terrain à travers meetings et rencontres de proximité. Les candidats redoublent d’efforts pour mobiliser les électeurs dans un climat encore marqué par les tensions du premier tour, dont les résultats ont été proclamés le 27 février. Pourtant, des observateurs nationaux, notamment le Réseau Arc en ciel, pointent des dysfonctionnements persistants : absences de noms sur les listes électorales, pénurie de matériel dans certains bureaux, ou entraves à la liberté de mouvement de représentants de partis.
Ce second tour intervient près de deux mois après un premier scrutin législatif déjà fragilisé par un faible taux de participation et des accusations de fraudes localisées. Surtout, il se déroule dans la continuité d’une présidentielle contestée par une frange de l’opposition, qui avait refusé d’y prendre part dès décembre dernier. Le Bloc Républicain pour la Défense de la Constitution, farouche critique du processus, réitère son appel au boycott, considérant que les conditions d’une élection libre ne sont pas réunies dans un pays où les groupes armés contrôlent encore d’importantes portions du territoire.
Les autorités électorales, par la voix du président de l’ANE Mathias Barthélémy Morouba, affirment que les bulletins et documents électoraux sont en cours d’acheminement depuis le 11 avril, avec l’appui du gouvernement et de la Minusca. Reste à savoir si ces engagements suffiront à rassurer une population éprouvée par des décennies de crises. L’enjeu est double : éviter une nouvelle crise de légitimité de l’Assemblée nationale, et maintenir un semblant de continuité démocratique dans un pays où la transition a duré plus de trois ans.
Pour de nombreux citoyens rencontrés sur place, ces élections représentent le seul canal encore fonctionnel pour garantir une représentation politique et faire respecter le choix du peuple. Un sentiment partagé, mais qui ne suffit pas à dissiper les inquiétudes sur la fiabilité du processus. Le réseau Arc en ciel, tout en appelant à voter, exige des corrections concrètes des anomalies constatées en décembre. La campagne s’achèvera le 24 avril à minuit, laissant à peine deux jours aux autorités pour résoudre des problèmes logistiques qui, par le passé, ont souvent favorisé l’abstention et la contestation.



