C’est une sortie par la petite porte pour la Tunisie. Battue 3 buts à 1 par les Pays-Bas lors de la dernière journée du groupe F, la sélection d’Hervé Renard quitte le Mondial 2026 sans le moindre point. Une contre-performance qui laisse un goût amer, d’autant que dans le même temps, le nul entre le Japon et la Suède (1-1) a scellé le sort des Aigles de Carthage, condamnés à la dernière place. Les Oranjes, eux, terminent en tête avec une autorité incontestée.
La rencontre a tourné au cauchemar pour les Tunisiens dès les premières minutes. Un but contre son camp d’Ellyes Skhiri à la 3e minute, suivi d’une réalisation de Brian Brobbey à la 7e, ont plongé l’équipe dans une situation intenable. Si le jeune Hazem Mastouri a redonné un peu d’espoir aux siens en réduisant l’écart sur corner à la 54e minute, la réaction néerlandaise fut immédiate. Jan Paul van Hecke, à la 62e, a définitivement enterré les velléités tunisiennes. Avec trois défaites en trois matchs, le bilan est impitoyable : zéro point, neuf buts encaissés, et une image bien terne pour une équipe qui avait pourtant des ambitions.
Il faut remonter à 2022 pour comprendre la désillusion actuelle. Finaliste du dernier Mondial au Qatar, la Tunisie avait alors frôlé l’exploit en sortant la France, avant de tomber avec les honneurs face à l’Australie. Ce parcours héroïque avait nourri des espoirs légitimes pour cette édition nord-américaine. Mais la greffe avec le technicien français Hervé Renard, pourtant spécialiste des coups d’éclat sur le continent africain, n’a visiblement pas pris. Le groupe, vieillissant, a payé cash ses défaillances physiques et tactiques face à des adversaires autrement plus réalistes.
Pour les Pays-Bas, la route est désormais tracée vers les huitièmes de finale avec un choc au sommet. Le 29 juin à Monterey, les Oranjes affronteront les Lions de l’Atlas, demi-finalistes en 2022 et déjà qualifiés. Un duel entre deux styles, deux approches, qui promet d’être âpre. Le Japon, deuxième du groupe, hérite quant à lui d’un adversaire d’un autre calibre : le Brésil. Les Samouraïs Bleus, qui ont su faire preuve de réalisme en accrochant la Suède, devront élever leur niveau de jeu pour espérer créer l’exploit.
Les Aigles de Carthage rentrent donc à Tunis avec un bilan comptable catastrophique, mais surtout avec une interrogation sur leur capacité à se renouveler. La génération dorée des Hannibal Mejbri ou Wahbi Khazri n’a pas répondu présent. Pire, la défense, si souvent vantée pour sa solidité, a volé en éclats, concédant des buts évitables à des moments clés. L’échec est d’autant plus cuisant que le tirage au sort n’avait pourtant pas été des plus cruels. Face à la Suède, le match nul arraché in extremis par les Scandinaves a achevé de démontrer que les Tunisiens manquaient cruellement de ce mental de compétiteur qui faisait leur force il y a quatre ans.
Sur le banc, la position d’Hervé Renard devient intenable. L’homme aux deux sacres africains avec la Zambie et la Côte d’Ivoire voit sa cote sérieusement chuter. Ses choix tactiques, notamment le positionnement de certains cadres, sont vivement critiqués dans la presse spécialisée. L’heure n’est plus aux excuses, mais à une refonte en profondeur. La Fédération tunisienne devra trancher : miser sur la continuité pour préparer la CAN 2027, ou tourner définitivement la page pour insuffler un vent de fraîcheur dans un groupe qui semble avoir atteint ses limites. Dans les deux cas, le chantier est immense.



