La Croatie a décroché son billet pour les huitièmes de finale du Mondial 2026 en s’imposant difficilement face au Ghana (2-1), samedi à Philadelphie. Ce succès, acquis en toute fin de rencontre, permet aux coéquipiers de Luka Modric de chiper la deuxième place du groupe L aux Black Stars, désormais troisièmes. Ils affronteront le Portugal de Cristiano Ronaldo jeudi à Toronto, tandis que les Ghanéens joueront leur survie contre la Colombie le lendemain à Kansas City.
Le match a basculé sur un premier acte désastreux des Ghanéens, apathiques et incapables de rivaliser dans l’entrejeu. La Croatie a profité de cette passivité pour ouvrir le score par Petar Sucic, auteur d’une frappe lointaine qui a surpris Benjamin Asare (31e). Revenus avec un tout autre état d’esprit après la pause, les Black Stars ont enfin pressé et égalisé par Derric Luckassen sur un coup franc bien travaillé (73e), but d’abord refusé puis validé par la VAR. Mais cette révolte n’a pas suffi : sur un corner de Modric, Nicola Vlasic a donné la victoire aux siens d’une tête décroisée (83e), crucifiant des Ghanéens qui ont cru arracher le nul.
Cette désillusion rappelle aux Ghanéens les exigences impitoyables des phases de poules. Déjà qualifiés mathématiquement avant cette dernière journée, les hommes de Carlos Queiroz semblaient avoir oublié que la première place leur échappait déjà, mais que la deuxième se jouait à un match. En 2022, le Ghana avait quitté le Mondial au premier tour, devancé par le Portugal et la Corée du Sud. Cette fois, ils avaient les moyens de faire mieux, mais leur entame trop timide et leur relâchement coupable en première période les ont renvoyés à leurs vieux démons : un manque de constance et une concentration défaillante dans les moments clés.
Pour la Croatie, ce succès est un signal envoyé au reste du tableau. Finaliste en 2018 et demi-finaliste en 2022, la sélection de Zlatko Dalic reste une équipe de coupe, capable de souffrir et de frapper au bon moment. Le prochain rendez-vous face au Portugal s’annonce comme un test grandeur nature pour des Vatreni qui devront hausser leur niveau de jeu. Pour le Ghana, en revanche, l’horizon est plus sombre : affronter la Colombie en barrage est une punition sévère pour une équipe qui a montré deux visages opposés en une seule rencontre. Queiroz, lucide, a d’ailleurs prévenu que « la vraie Coupe du monde commence au prochain match ».
Le sélectionneur croate a tenu à saluer la solidarité de ses joueurs et la prestation exceptionnelle de Luka Modric, qui a même sauvé un but dans les arrêts de jeu en contrant le dernier raid d’Abdul Fatawu. À 40 ans, le capitaine croate incarne cette capacité à ne jamais rien lâcher, un enseignement que les jeunes Ghanéens ont payé cher. De l’autre côté, Carlos Queiroz n’a pas caché son amertume, estimant qu’un match nul aurait été plus juste, mais il a aussi reconnu que son équipe avait appris une leçon amère : au plus haut niveau, on ne laisse pas un adversaire tirer à 40 mètres sans opposition, et on ne peut pas se permettre de n’entrer dans un match qu’à la mi-temps.
La pluie fine qui a précédé la rencontre et le stade presque comble de Philadelphie n’auront pas suffi à électriser des Black Stars trop longtemps endormis. Leurs trois occasions nettes en début de seconde période, toutes venues de Fatawu, montrent qu’ils avaient les armes pour renverser la situation, mais le réalisme croate a fait la différence. Ce genre de scénario, cruel mais instructif, rappelle que la Coupe du monde ne fait pas de cadeau : chaque minute compte, chaque relâchement se paie cash. Le Ghana repart avec des regrets, mais aussi avec la certitude qu’il devra être bien plus agressif et concentré s’il veut espérer franchir un jour le cap des huitièmes.



