En visite au site de réfugiés de Timangolo, une délégation officielle burundaise s’est imprégnée des bonnes pratiques camerounaises en matière de protection sociale et d’intégration des personnes réfugiées .
Le site de réfugiés de Timangolo, dans l’arrondissement de Ketté, département de la Kadey, a reçu une visite de marque. Une délégation officielle de la République du Burundi a effectué une descente de terrain dans le cadre d’une mission de renforcement des capacités sur l’intégration des réfugiés dans les systèmes nationaux de protection sociale. Cette mission, organisée du 21 au 28 juin 2026 au Cameroun, visait à s’inspirer des mécanismes mis en place par les autorités camerounaises et leurs partenaires pour favoriser une intégration durable des réfugiés. La délégation a choisi Timangolo comme laboratoire d’observation des politiques d’accueil et de coexistence pacifique entre réfugiés et communautés d’hôtes. Une immersion qui a permis aux visiteurs de mesurer les efforts consentis par le Cameroun pour transformer un défi humanitaire en opportunité de développement local. « Nous sommes venus à Timangolo pour un partage d’expériences sur la protection des réfugiés selon les normes internationales. Il est question de savoir comment ils ont été accueillis et comment se passer la cohabitation avec la population hôte. Le Burundi a accueilli les premiers réfugiés dans les années 50 en provenance du Rwanda. Actuellement, nous recevons des réfugiés congolais venus de la République démocratique du Congo », a expliqué Jean Claude Nduwayo, chef de la mission burundaise.
Ouvert le 26 mai 2014, le site de Timangolo accueille aujourd’hui 6 644 réfugiés centrafricains ayant fui les violences dans leur pays. Au-delà de l’assistance humanitaire, le camp se distingue par une approche axée sur l’autonomisation économique des réfugiés et leur intégration progressive dans le tissu socio-économique local. En 2026, 687 personnes, réparties en 244 ménages, bénéficient encore de l’assistance alimentaire. Parallèlement, plusieurs initiatives génératrices de revenus se développent autour de l’élevage, du petit commerce, du négoce, ainsi que de la transformation et de la commercialisation des produits de l’élevage. L’éducation et la sécurité alimentaire figurent également parmi les priorités. Certaines écoles primaires du site disposent de cantines scolaires financées par le Programme alimentaire mondial (PAM), tandis que le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) accompagne des coopératives agricoles et d’élevage afin de renforcer leur autonomie financière. Les résultats sont déjà palpables. Au sein de la coopérative des producteurs de Timangolo, l’appui du HCR a mis en place une activité avicole devenue rentable. « Nous avons environ 500 pondeuses qui produisent 13 alvéoles d’œufs par jour. Le fonds de démarrage était un appui octroyé par le HCR. Nous avons d’abord reçu 500 000 FCFA pour l’achat du matériel et 500 000 FCFA pour l’achat des poussins. Au terme de la première année, une évaluation de l’activité a conduit à un appui supplémentaire d’un million de FCFA », a confié le secrétaire général de la coopérative. La visite s’est déroulée en présence du chef du bureau du Programme alimentaire mondial (PAM) de Bertoua, Abdoulaye Diallo, ainsi que des autorités administratives de l’arrondissement de Ketté.
Bibiane Emeline NNANG



