Le Ghana a quitté la Coupe du monde 2026 en seizièmes de finale, battu 1 à 0 par la Colombie le 3 juillet à Kansas City. Un but précoce de Jhon Arias, à la 14e minute, a suffi aux Cafeteros pour maîtriser une rencontre qu’ils ont largement dominée. Les Ghanéens, trop timides offensivement, n’ont jamais vraiment inquiété une défense sud-américaine bien en place. La Colombie affrontera désormais la Suisse en huitièmes de finale, le 7 juillet à Vancouver, avec l’ambition de retrouver les sommets de 2014.
Le score étriqué ne reflète en rien l’emprise colombienne sur le match. Les hommes de Nestor Lorenzo ont multiplié les occasions, avec seize tirs dont six cadrés, contre seulement huit tentatives ghanéennes, toutes hors cadre. Lawrence Ati-Zigi, le portier du Ghana, a réalisé une prestation remarquable, repoussant plusieurs frappes dangereuses, notamment une tête de Johan Mojica et une reprise de Gustavo Puerta. Mais l’efficacité colombienne a fait la différence sur une action simple : un centre de Luis Suarez, entré tôt en jeu après la blessure de Jhon Cordoba, repris victorieusement par Arias au second poteau. Luis Diaz a cru doubler la mise en seconde période, mais son but a été annulé pour hors-jeu, une décision confirmée par le trio arbitral français.
Ce parcours confirme les difficultés récurrentes du Ghana sur la scène mondiale. Malgré un passé glorieux, avec des quarts de finale en 2010, les Black Stars peinent à renouer avec leur statut de terreur du continent. L’équipe dirigée depuis deux mois par le vétéran portugais Carlos Queiroz, ancien sélectionneur déçu de la Colombie entre 2019 et 2020, n’a pas montré la cohésion nécessaire pour rivaliser avec les cadres du football sud-américain. La Colombie, elle, renoue avec les huitièmes de finale, une étape qu’elle n’avait plus franchie depuis 2018, après avoir manqué l’édition 2022. Ce match avait aussi une saveur particulière pour Queiroz, qui retrouvait une équipe qu’il avait quittée sur un échec qualificatif.
Le prochain rendez-vous colombien contre la Suisse s’annonce comme un test majeur pour Nestor Lorenzo. La Nati, réputée pour son bloc compact et sa discipline tactique, opposera un tout autre défi que le Ghana. La Colombie devra améliorer sa finition pour espérer dépasser son record de quarts de finale, atteint en 2014. Mais elle peut compter sur un collectif solide, emmené par un milieu de terrain conquérant et des attaquants généreux dans l’effort. L’absence de James Rodriguez, sorti à la pause, ouvre toutefois une question sur la profondeur de banc et la gestion physique d’un effectif qui a donné beaucoup en intensité sous une chaleur écrasante.
Ce qui a frappé les observateurs, c’est la maîtrise collective des Cafeteros, bien au-delà de la seule technique individuelle. Gustavo Puerta a régné sur l’entrejeu, distribuant le jeu avec une autorité rare pour un joueur de son âge. Ses relais constants avec Luis Diaz, dont l’apport défensif n’a pas souffert des températures avoisinant les 30 degrés, ont étouffé les velléités ghanéennes. Les retours défensifs rapides et les replacements systématiques ont empêché le Ghana de développer des contre-attaques, malgré la présence de Thomas Partey, dont la frappe lourde dès la première minute a annoncé des promesses non tenues.
Le Ghana a surtout payé son manque de créativité et de tranchant dans le dernier geste. Les Black Stars ont multiplié les passes stériles, sans parvenir à déséquilibrer une défense colombienne pourtant prenable sur les rares centres bien placés. La sortie de James Rodriguez à la pause, symbole d’un temps qui passe pour un joueur de 34 ans aux jambes usées, a paradoxalement libéré l’équipe colombienne, plus mobile et plus directe en seconde période. Pour Carlos Queiroz, cette défaite a un goût amer, lui qui avait vu son projet en Colombie avorter en 2020. Sa tentative de relancer le Ghana avec un football plus pragmatique n’a pas suffi, et il devra désormais répondre aux critiques sur sa capacité à préparer une équipe pour les grands rendez-vous.



