L’Égypte a réussi son entrée dans cette Coupe du monde 2026 en arrachant le match nul 1 1 face à la Belgique, lundi 15 juin. Menant au score pendant plus d’une heure, les Pharaons ont finalement craqué dans le dernier tiers du match, mais ce résultat leur offre un premier point précieux dans un groupe G où l’Iran et la Nouvelle Zélande les attendent.
Les Égyptiens ont joué leur partition à la perfection pendant soixante minutes. Celle d’un outsider discipliné, capable de surprendre d’entrée puis de briser le rythme d’un favori. Emam Ashour, trouvé aux abords de la surface par Mohamed Salah, a ouvert le score d’une frappe puissante que Thibaut Courtois n’a pu qu’accompagner. La mésentente tactique belge sur le côté droit, avec un Thomas Meunier trop passif, a offert cet espace fatal. Avant la pause, Jérémy Doku a beau multiplier les dribbles, la défense égyptienne reste intraitable. Ashour aurait même pu faire le break sur une mauvaise relance de Nathan Ngoy juste avant la mi temps.
Ce match nul n’est pas un accident. L’Égypte, sept fois championne d’Afrique, a construit sa résilience dans la douleur : éliminations cruelles en Coupe d’Afrique des nations et absence répétée du Mondial entre 2018 et 2022. Sous la houlette d’un staff rodé aux joutes internationales, les Pharaons ont appris à gérer les grands rendez vous sans complexe. La Belgique, elle, paie encore ses incertitudes défensives apparues lors des derniers tournois européens. Ce 1 1 confirme que l’écart entre les prétendues petites nations et les cadres du classement FIFA se réduit, à condition d’oser jouer.
Reste un avertissement pour la suite. L’Égypte a craqué physiquement dans la dernière demi heure, concédant l’égalisation belge sur une baisse de régime collective. Face à l’Iran et à la Nouvelle Zélande, deux adversaires plus preneurs de ballon mais moins cliniques que les Diables rouges, les Pharaons devront tenir la distance. Le prochain match contre l’Iran sera décisif : une victoire et la qualification se dessine ; un faux pas et la Belgique, favorite, pourrait rapidement creuser l’écart en tête du groupe. La gestion de l’effectif et des changements en fin de match devient la priorité du staff égyptien.
Mohamed Salah, moins flamboyant qu’à son habitude, a pourtant livré une prestation utile. Son déplacement constant et ses appels ont désorganisé la défense belge, créant l’espace pour Ashour. Mais le capitaine des Pharaons a aussi montré des limites : à 33 ans, il ne peut plus porter seul l’équipe sur cent minutes. C’est là le vrai progrès égyptien : le collectif a pris le relais. Les tirs cadrés, les montées offensives des latéraux, la hargne au milieu de terrain : l’Égypte a produit un jeu cohérent, sans attendre un éclair de son génie offensif.
Reste un signal envoyé au reste du continent. L’Afrique du Nord, souvent attendue aux portes des huitièmes de finale sans jamais franchir le cap, voit en cette performance une preuve de maturité. Le Maroc 2022 a ouvert la voie, l’Égypte 2026 pourrait la prolonger. Mais la vérité du premier match est parfois trompeuse. Ce 1 1 ne vaudra que si les Pharaons enchaînent contre l’Iran. Dans le vestiaire, les joueurs le savent : ils ont évité le piège belge, mais ils n’ont encore rien gagné.



