L’Ouganda a ordonné la fermeture temporaire de sa frontière avec la République démocratique du Congo, mercredi 27 mai. Une mesure radicale prise alors que l’épidémie de fièvre hémorragique Ebola s’intensifie dans la province congolaise de l’Ituri, voisine du territoire ougandais. Sept cas du variant Bundibugyo ont déjà été confirmés du côté ougandais depuis la déclaration officielle de l’épidémie, le 15 mai.
La décision, annoncée par la secrétaire permanente du ministère ougandais de la Santé, Diana Atwine, prévoit des exceptions très limitées. Seules les équipes autorisées de riposte à Ebola, les opérations humanitaires ainsi que les transports de nourriture et de fret peuvent encore franchir la ligne frontalière, sous réserve d’un examen médical strict. Par ailleurs, tout ressortissant ougandais revenant de RDC devra observer une quarantaine obligatoire de 21 jours. Enfin, les médias locaux sont sommés de consacrer trente minutes quotidiennes de leur prime time à la sensibilisation sur Ebola.
Following the continued escalation in the scale of the Ebola outbreak in the DRC and the challenges associated with cross-border movements between the DRC and Uganda, leading to a higher risk of the spread of Ebola into Uganda, the National Task Force on Ebola Response chaired by… https://t.co/4VG2t7FZLN pic.twitter.com/Fyi3nidr3K
— Ministry of Health- Uganda (@MinofHealthUG) May 27, 2026
Cette fermeture intervient dans un contexte sanitaire régional tendu. L’Ouganda a déjà fait face par le passé à plusieurs incursions du virus, notamment en 2019, lors de la précédente grande épidémie dans l’est de la RDC. La promiscuité des échanges humains entre les deux pays, combinée à une couverture vaccinale encore inégale, rend la zone particulièrement vulnérable. À cela s’ajoute une défiance chronique d’une partie des populations congolaises envers les équipes médicales, ce qui complique la traçage des chaînes de contamination.
Pour les semaines à venir, l’efficacité de cette fermeture reste incertaine. Si elle peut freiner la propagation immédiate, elle risque aussi d’alimenter les passages clandestins. Obed Katureebe, chargé des affaires publiques à l’Uganda Media Centre, rappelle que tous les cas recensés en Ouganda sont liés à des personnes venues de RDC. Selon lui, l’importante population de réfugiés congolais présents sur le sol ougandais et les allers retours familiaux constants entre les deux pays rendent le contrôle total des flux quasiment impossible.
Le gouvernement ougandais semble en avoir conscience. Il maintient les échanges commerciaux, signe que l’économie prime malgré la crise sanitaire. Mais cette mesure pourrait aussi révéler ses limites face à un virus connu pour sa capacité à contourner les barrières administratives. Les équipes de riposte le savent : c’est sur le terrain, par la vaccination, la surveillance communautaire et la confiance avec les populations locales, que la bataille se gagnera ou se perdra. La fermeture de la frontière n’est qu’un rempart de plus, non une solution en soi.



