Dans la nuit du 8 au 9 mars, la base aérienne 401 de l’aéroport de Tahoua, dans le centre-ouest du Niger, a été la cible d’une attaque armée. Les forces de défense et de sécurité ont rapidement riposté, neutralisant plusieurs assaillants et procédé à l’arrestation de cinq suspects, selon les autorités locales.
L’attaque s’est produite aux environs de 3 heures du matin, heure locale. Des individus non identifiés à bord de motos ont forcé l’entrée de la base, endommageant plusieurs hangars abritant des drones et ouvrant le feu sur les installations militaires. La réaction rapide des troupes sur place a contraint les assaillants à battre en retraite. Lors des opérations de sécurisation menées avec l’aide de la population, les forces ont saisi une quantité importante de devises et du matériel sur les personnes interpellées. Aucune revendication n’a été émise pour le moment.
Cette nouvelle incursion armée intervient dans un climat sécuritaire déjà tendu, un mois et demi après l’attaque retentissante de la base aérienne 101 de Niamey, survenue le 28 janvier. Cette précédente opération, revendiquée par l’État islamique, avait vu l’armée nigérienne neutraliser une vingtaine d’assaillants. Elle avait également provoqué une crise diplomatique, le chef de l’État, le général Abdourahamane Tiani, ayant accusé sans preuves formelles la France, la Côte d’Ivoire et le Bénin d’en être les commanditaires, des accusations fermement rejetées par Abidjan et Cotonou.
Sur le plan immédiat, les autorités locales s’efforcent de rassurer. Le gouverneur de la région de Tahoua, le colonel-major Souleymane Amadou Moussa, qui s’est rendu sur les lieux, a confirmé que la situation est « sous contrôle ». Selon lui, l’aéroport est resté ouvert et sécurisé, et les activités aéroportuaires se déroulent normalement. Il a salué le professionnalisme des forces de sécurité et annoncé la poursuite des opérations de ratissage pour prévenir toute nouvelle menace.
L’incident de Tahoua met en lumière la vulnérabilité persistante des installations stratégiques du Niger, malgré le départ des forces françaises et la reconfiguration du partenariat sécuritaire du pays. Il pose également la question de l’évolution de la menace terroriste. Alors que la région de Tahoua est souvent perçue comme une zone de transit, cette attaque frontale contre une installation militaire majeure suggère une capacité opérationnelle et un niveau de renseignement des groupes armés qu’il serait dangereux de sous-estimer. L’appel à la vigilance lancé par le gouverneur à la population locale souligne que, au-delà de la réponse militaire, la coopération civile reste un maillon essentiel du dispositif de sécurité nationale.



