À l’occasion de la Conférence et exposition minière de Chine, qui se tenait à Tianjin, le ministre congolais des Mines, Louis Watum Kabamba, a réaffirmé la volonté de Kinshasa de transformer localement ses ressources minérales. Un message déjà porté à Davos en janvier, qui traduit une ambition industrielle désormais centrale dans la stratégie du premier producteur mondial de cobalt.
Lors de la 28e édition de la Conférence et exposition minière de Chine, qui s’est tenue à Tianjin, le ministre des Mines de la RDC a exposé l’agenda de son pays pour la transformation du secteur minier. Louis Watum Kabamba a insisté sur la nécessité d’accroître la valorisation locale des ressources extraites sur le territoire national. Il a également participé à un forum bilatéral « RDC-Chine » dédié aux opportunités de coopération et d’investissement dans le secteur minier entre les deux pays.
Selon le communiqué publié à cette occasion, le ministre a souligné que la RDC ne devait plus mesurer sa réussite uniquement au tonnage extrait, mais aussi à la valeur ajoutée créée localement, aux emplois qualifiés, aux transferts de technologie et au développement des entreprises congolaises. Il a par ailleurs mis en avant la complémentarité entre l’abondance et la diversité des ressources minérales du pays et l’expertise chinoise en matière d’industrialisation, de transformation des minerais, d’infrastructures, de technologies et de logistique.
Premier producteur mondial de cobalt et deuxième pour le cuivre, la RDC se distingue aussi par la diversité de son sous-sol, qui abrite du lithium, du manganèse, du zinc ou encore du germanium. Cette volonté de transformation locale n’est pas nouvelle. Elle avait déjà été portée par Louis Watum Kabamba en janvier, lors du Forum économique mondial de Davos, où il avait présenté la transformation industrielle et le développement de chaînes de valeur minières locales comme une priorité du gouvernement congolais.
#RDC_MINES | La République démocratique du Congo participe à la 28ᵉ édition de la China Mining Conference and Exhibition, qui se tient du 10 au 12 septembre 2026 à Tianjin, en République populaire de Chine.
Conduite par Son Excellence Monsieur @LouisWKabamba, Ministre des Mines, la délégation congolaise met à profit ce rendez-vous international pour promouvoir le potentiel minier de la RDC, présenter les opportunités d’investissement et renforcer les partenariats avec les acteurs mondiaux du secteur.
À l’ouverture des travaux, le Ministre des Mines a pris part aux échanges aux côtés de ses homologues, de représentants des gouvernements, de groupes miniers et industriels, d’institutions financières, de chercheurs, d’experts et d’investisseurs venus de différents horizons.
Placée sous le thème « Coopération gagnant-gagnant, verte et intelligente », cette édition s’inscrit pleinement dans l’ambition de la RDC de faire de ses ressources naturelles un véritable levier d’industrialisation, de création d’emplois, de développement des compétences et d’amélioration des conditions de vie des populations.
La RDC a également organisé le Forum RDC–Chine, consacré aux opportunités de coopération et d’investissement dans le secteur minier. Plusieurs structures sous tutelle du Ministère des Mines, notamment le CAMI, le CEEC, le SGNC, le SAEMAPE, l’IGM, la CTCPM, la GÉCAMINES et le FOMIN, y ont présenté leurs missions, leurs domaines d’intervention ainsi que les opportunités offertes aux partenaires et investisseurs.
Intervenant à l’occasion de ce Forum, le Ministre des Mines a insisté sur la nécessité, pour la RDC, de ne plus mesurer sa réussite au seul tonnage extrait, mais également à la valeur ajoutée créée localement, aux emplois qualifiés, au transfert de technologies et au développement des entreprises congolaises. Il a également souligné la complémentarité entre l’abondance et la diversité des ressources minérales de la RDC et l’expertise chinoise en matière d’industrialisation, de transformation des minerais, d’infrastructures, de technologies et de logistique.
La présence congolaise est également marquée par un stand d’exposition, inauguré par le Ministre des Mines, qui suscite un vif intérêt auprès des investisseurs, industriels et autres partenaires. Les échanges portent notamment sur le potentiel géologique de la RDC, les opportunités d’investissement, la transformation locale des minerais et le développement de chaînes de valeur industrielles.
À Tianjin, la RDC réaffirme ainsi son ambition de ne pas seulement exporter ses minerais, mais d’attirer les investissements nécessaires à leur transformation, à la création de valeur et à la construction d’une véritable industrie minière congolaise, conformément à la vision du Chef de l’État, Son Excellence Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo.
— Ministère des Mines – RDC (@MinMinesRDC) September 10, 2026
Cette dynamique s’inscrit dans un contexte où les relations minières entre Kinshasa et ses principaux partenaires évoluent. La Chine reste un acteur central du secteur, avec des entreprises chinoises fortement présentes dans la production et la transformation du cuivre et du cobalt, et demeure un débouché majeur pour les exportations minières congolaises. En mars dernier, Kinshasa et Pékin ont signé un nouveau mémorandum destiné à approfondir leur coopération minière, prévoyant un renforcement de la coopération géologique et de l’investissement, ainsi que la promotion de la transformation locale des minerais.
Parallèlement, la RDC cherche à élargir son éventail de partenariats, notamment dans un contexte de rapprochement avec Washington autour des minerais critiques. Ce mouvement s’accompagne de mesures plus contraignantes sur les exportations. Kinshasa a récemment interdit les exportations de concentrés de cuivre et de cobalt, avec la possibilité de dérogations dans certains cas. Cette décision marque une volonté plus directe d’agir sur la forme sous laquelle les ressources quittent le territoire et, par conséquent, sur la part de valeur susceptible d’être créée localement.
Quelques initiatives concrètes s’annoncent déjà. La Société commerciale la Minière de Kisenge Manganèse prévoit un investissement de 100 millions de dollars destiné à transformer localement le manganèse en dioxyde de manganèse électrolytique. Dans le lithium, le groupe chinois Zijin Mining développe des capacités destinées à transformer le concentré produit par sa mine de Manono en sulfate de lithium, un produit intermédiaire dans la fabrication de composés utilisés notamment dans les batteries, dont la valeur ajoutée dépasse celle du concentré.
Reste à savoir comment ces dynamiques se concrétiseront et si elles pourront s’étendre à l’ensemble du secteur. La question de l’accueil réservé à cette trajectoire par les différents partenaires de la RDC demeure également ouverte. Car au-delà des annonces, la capacité du gouvernement à sécuriser des investissements concrets pour développer la transformation locale constituera le principal test de cette ambition.



