Ce mardi 16 juin 2026, une coalition inédite de 40 États a solennellement réaffirmé, depuis la 62e session du Conseil des droits de l’homme à Genève, son soutien sans faille à la « souveraineté pleine et entière » du Maroc sur ses provinces du Sud. Portée par l’ambassadeur Omar Zniber, cette déclaration collective enterre toute velléité d’ingérence dans un dossier que les signataires qualifient de « différend politique » relevant de la compétence exclusive du Conseil de sécurité de l’ONU. Un signal fort adressé à la communauté internationale, alors que le conflit artificiel du Sahara occidental semble avoir atteint un point de bascule diplomatique.
Au-delà de la simple déclaration de principe, ce front diplomatique de 40 nations a pris soin de détailler les attendus juridiques et politiques de leur position. Ils ont fermement mis en garde contre toute tentative d’instrumentalisation des instances onusiennes, rappelant que les interactions avec le Haut-Commissariat aux droits de l’homme doivent demeurer strictement bilatérales. Surtout, ils ont validé la résolution 2797 du Conseil de sécurité, adoptée le 31 octobre 2025, qui appelle à une reprise des négociations directes sur la base exclusive du Plan d’autonomie marocain. Ce faisant, la coalition écarte définitivement toute autre option, y compris celle d’un référendum d’autodétermination, pour privilégier une solution négociée et mutuellement acceptable entre les quatre parties concernées.
Cette mobilisation s’inscrit dans une stratégie marocaine de longue haleine, visant à faire reconnaître son plan d’autonomie comme l’unique cadre crédible pour sortir de l’impasse. Depuis l’adoption de la résolution 2797, Rabat a accentué sa pression diplomatique pour verrouiller le processus onusien, en exploitant les divisions chroniques du polisario et le poids géostratégique croissant du Maroc en Afrique et dans le monde arabe. La déclaration de Genève ne sort pas de nulle part : elle couronne des mois d’intenses lobbying, alors que le Maroc capitalise sur son statut de partenaire fiable et sur la reconnaissance internationale de ses investissements massifs dans les provinces du Sud. En toile de fond, la question des camps de Tindouf, évoquée dans le texte, reste une épine dans le pied du polisario et de l’Algérie, dont le rôle ambigu dans ce dossier est de plus en plus pointé du doigt.
Fort de ce soutien record, le Maroc se trouve en position de force pour exiger une accélération du processus politique sous l’égide de l’envoyé personnel du secrétaire général de l’ONU. Mais la partie algérienne, qui n’est pas signataire de la déclaration, pourrait durcir sa position, risquant un isolement diplomatique accru. Les prochains mois seront décisifs : le Conseil de sécurité devra trancher sur la méthode pour contraindre les parties à revenir à la table des négociations. Rabat mise sur une normalisation rampante de la situation sur le terrain, tandis que les 40 États signataires espèrent que leur appel contribuera à « concrétiser les aspirations légitimes des peuples africains et arabes en matière d’intégration et de développement ». Reste à savoir si cet élan diplomatique suffira à faire plier les derniers récalcitrants, ou si le dossier s’enlise dans une guerre d’influence à l’ONU.
La déclaration met également en lumière un aspect souvent négligé : l’ouverture successive de consulats généraux à Dakhla et Laâyoune, qualifiés par les signataires de « leviers de renforcement de la coopération économique et des investissements ». Ces implantations, loin d’être symboliques, traduisent une reconnaissance concrète et quotidienne de la souveraineté marocaine par des États du Golfe, d’Afrique et d’ailleurs. Par ailleurs, le texte salue l’engagement « constructif et volontaire » du Maroc en matière de droits humains, une manière habile de détricoter les critiques récurrentes des ONG et de certains pays nordiques. Enfin, la mention du retour digne des populations séquestrées à Tindouf révèle une tentative de Rabat de reprendre la main sur le volet humanitaire, en proposant une intégration citoyenne qui fragilise le récit indépendantiste. Autant de signaux qui montrent que le Maroc ne gagne pas seulement sur le terrain juridique, mais aussi sur celui de la réalité socio-économique et de la communication.



