L’Union des Conseils économiques et sociaux et institutions similaires d’Afrique (UCESA) a franchi une nouvelle étape dans son ancrage continental. Réunis le 11 mai 2026 à Malabo, les présidents et représentants des Conseils économiques et sociaux africains ont officialisé l’adhésion de l’Angola et de la Guinée équatoriale, portant à couverture complète l’ensemble des pays de la CEMAC.
Ces deux nouvelles adhésions, après celle du Forum de dialogue tripartite du Zimbabwe, permettent désormais à l’UCESA de rassembler tous les membres de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale, et à terme ceux de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale. Le président en exercice de l’Union, Abdelkader Amara, également président du Conseil économique, social et environnemental du Maroc, a souligné que ces élargissements renforcent la capacité de l’organisation à agir en cohérence avec les institutions régionales, dans une logique panafricaine fondée sur le dialogue et la promotion de modèles de développement inclusifs.
Créée pour harmoniser les pratiques des institutions consultatives africaines, l’UCESA a longtemps souffert d’un manque de visibilité et d’une faible coordination entre ses membres. Depuis cinq ans, un processus de restructuration mené sous impulsion marocaine a amélioré son positionnement. La tenue de l’Assemblée générale à Malabo, première du genre en Guinée équatoriale, marque une rupture avec une certaine discrétion passée. Elle intervient aussi dans un climat où les organisations régionales cherchent à gagner en efficacité face aux crises sanitaires, énergétiques et sécuritaires.
L’Assemblée a validé le plan stratégique 2025-2030, articulé autour de quatre axes : souveraineté sanitaire, capital humain, transition énergétique et financements durables. Ce cadre doit transformer l’UCESA en un acteur clé du dialogue africain, capable d’influencer les politiques économiques et sociales au niveau continental. La prochaine étape consistera à mettre en œuvre des projets concrets avec la Banque africaine de développement et l’ECOSOCC de l’Union africaine, tous deux partenaires présents à Malabo. Reste à savoir si ces ambitions résisteront aux pesanteurs bureaucratiques et aux divergences d’intérêts nationaux.
Les participants ont unanimement salué le leadership marocain dans la conduite des travaux. Rabat a en effet utilisé son poids diplomatique pour élargir l’Union vers l’Afrique centrale, une région où le Maroc a multiplié les partenariats économiques et politiques ces dernières années. Abdelkader Amara a rappelé que les décisions de Malabo ouvrent une nouvelle phase pour l’UCESA, désormais reconnue comme un interlocuteur légitime par des institutions aussi diverses que la BEAC, la CEMAC ou le Conseil économique et social chinois.
L’enthousiasme affiché à Malabo ne doit pas masquer les défis. Pour exister vraiment, l’UCESA devra sortir des déclarations de principe et démontrer sa capacité à produire des avis contraignants ou au moins systématiquement pris en compte par les exécutifs nationaux. L’adhésion de nouveaux membres ne suffit pas : c’est leur implication réelle dans les travaux communs qui déterminera si cette Union devient un levier du développement africain ou un simple forum de plus. La président marocaine a quatre ans pour transformer l’essai.



