Le Ghana a lancé sa Coupe du monde 2026 par une victoire étriquée, arrachée dans les derniers instants de la rencontre face au Panama, mercredi 17 juin à Toronto. Sous une pluie battante, les Black Stars se sont imposés 1 à 0 grâce à un but de Caleb Yirenkyi, inscrit dans le temps additionnel. Un succès qui leur permet de prendre provisoirement la deuxième place du groupe L, derrière l’Angleterre, large vainqueure de la Croatie plus tôt dans la soirée à Dallas (4-2).
Le scénario tient du hold-up sportif. Longtemps soporifique, la partie a basculé dans les ultimes secondes, lorsque Brandon Thomas-Asante, après un débordement côté gauche, a adressé un centre parfait que Yirenkyi n’a eu qu’à pousser au fond des filets. Jusque-là, les Ghanéens avaient buté sur une défense panaméenne compacte et manqué de tranchant, malgré les tentatives de Jordan Ayew, devenu à 34 ans le joueur le plus capé de l’histoire des Black Stars (122 sélections), et du défenseur Jonas Adjetey. Le Panama, pour sa deuxième participation après l’édition 2018 en Russie, est passé tout près de décrocher son premier point en phase finale.
Cette entrée en matière contrastée s’inscrit dans une dynamique africaine encore timide sur la scène mondiale. Le Ghana, quintuple champion d’Afrique, peine à retrouver la constance qui faisait sa force au début des années 2010. Présent en phase de groupes pour la quatrième fois consécutive, il doit composer avec un effectif en renouvellement, où la jeunesse croise une vieille garde fatiguée. Le Panama, de son côté, incarne la progression modeste mais réelle du football centraméricain, mais ses limites techniques ont fini par payer face à une équipe ghanéenne plus entreprenante en seconde période, même si longtemps inefficace.
Le vrai test attend désormais le Ghana mardi prochain à Boston, face à l’Angleterre de Harry Kane. Un choc qui s’annonce périlleux, tant les Three Lions impressionnent par leur puissance offensive. Mais les Black Stars pourront compter sur le retour attendu de Thomas Partey, leur milieu de terrain clé, resté au camp de base américain pour un problème administratif. Ce dernier n’a pu se rendre au Canada en raison d’un visa refusé, lié à des accusations de viols et d’agressions sexuelles portées par quatre femmes entre 2020 et 2022, une affaire judiciaire qui plane sur sa participation au tournoi.
Ce dossier sensible fragilise l’équilibre du groupe. Bien que le joueur nie fermement les faits, sa présence aux États-Unis, où il s’entraîne en marge de l’équipe, suscite des interrogations éthiques et médiatiques. La fédération ghanéenne a choisi de ne pas commenter officiellement, mais ce silence pèse sur la préparation mentale des joueurs. Le staff technique devra gérer cette épineuse question tout en préparant un match capital, sans savoir si Partey pourra rejoindre Boston à temps, ni dans quel état d’esprit.
Sur le plan strictement sportif, cette victoire in extremis révèle une qualité souvent sous-estimée des Black Stars : la capacité à ne pas lâcher prise, même quand le jeu est brouillon. Le sélectionneur a insisté après le match sur la « mentalité de gagneur » de son groupe, mais il sait que les carences techniques et le manque de créativité au milieu de terrain pourraient coûter cher face à des adversaires plus expérimentés. Le prochain rendez-vous dira si ce succès est un déclic ou un simple pansement sur une cuirasse encore trop fragile.



