Le Premier ministre centrafricain, Félix Moloua, a officiellement présenté la démission de son gouvernement au président Faustin-Archange Touadéra. Une annonce faite mercredi à Bangui, justifiée par la nécessité de former un nouvel exécutif après la mise en place des institutions de la « Septième République ». La décision, bien qu’attendue, marque la fin d’un cycle politique de plus de quatre ans.
Moloua, qui a dirigé deux gouvernements successifs, a présenté cette démission comme un acte de « tradition d’usage » après l’installation des nouvelles institutions issues des récentes élections. Il a salué la confiance accordée par le chef de l’État durant son mandat, tout en affirmant que « les conditions sont réunies » pour la mise en place d’une nouvelle équipe. Selon lui, cette transition gouvernementale doit désormais accompagner les priorités présidentielles.
Ce changement intervient dans le cadre de l’avènement de la « Septième République », proclamée après l’adoption d’une nouvelle Constitution par référendum en juillet 2023. Celle ci a renforcé les pouvoirs présidentiels tout en remodelant l’architecture institutionnelle. Les élections générales qui ont suivi, bien que contestées par une partie de l’opposition, ont permis la réélection de Touadéra et l’installation d’un nouveau Parlement. Dans ce contexte, la démission du gouvernement répond à une logique de cohérence politique.
Désormais, les regards se tournent vers Faustin-Archange Touadéra. C’est à lui qu’incombe la tâche de nommer un successeur à Félix Moloua, ou éventuellement de reconduire ce dernier. L’enjeu est clair : composer un exécutif capable de répondre aux urgences sécuritaires et humanitaires, tout en stabilisant un processus politique encore fragile. Le prochain Premier ministre devra aussi composer avec un Parlement renouvelé et des attentes sociales croissantes.
Félix Moloua a insisté sur sa disponibilité à servir son pays, tout en rappelant qu’il revenait au président de choisir « un Centrafricain capable de l’aider dans cette grande mission ». Formulation prudente, qui laisse entendre qu’il ne se porte pas forcément candidat à sa propre succession. Son bilan, marqué par une relative stabilité gouvernementale mais aussi par des défis sécuritaires persistants, fait débat parmi les observateurs locaux. Certains y voient une gestion disciplinée, d’autres un simple exécutant.
Reste que cette transition par le haut ne doit pas masquer les fractures profondes du pays. La RCA demeure l’un des États les plus vulnérables du continent, miné par l’insécurité chronique et une présence encore trop discrète de l’État hors des capitales régionales. Changer de gouvernement est une chose. Changer réellement de méthode en est une autre. Le prochain locataire de la primature devra agir sans illusions, et surtout sans les lenteurs qui ont trop souvent caractérisé les transitions précédentes.



