Le Premier ministre malien, Abdoulaye Maïga, a juré que son pays mènerait son combat « jusqu’à l’éradication totale du terrorisme ». Une déclaration sans ambiguïté, intervenue en réaction aux attaques simultanées qui ont visé plusieurs localités du Mali le 25 avril. Le chef du gouvernement a martelé que « le combat pour notre dignité et notre honneur n’est pas négociable », excluant par là toute idée de compromis avec les groupes armés.
Selon Abdoulaye Maïga, les forces maliennes ont infligé une « réponse cinglante » aux assaillants, neutralisant « des centaines » d’entre eux sur l’ensemble du territoire. Le Premier ministre a également affirmé que l’objectif des terroristes était clair : « conquérir le pouvoir en démantelant les institutions de la République et en mettant fin au processus de Transition ». Une lecture qui place la survie même de l’État au cœur de l’affrontement.
Ces attaques coordonnées interviennent dans un Mali enlisé dans une crise sécuritaire et politique profonde depuis 2012. Malgré les efforts de la force Barkhane, puis de la mission des Nations unies (Minusma), et le rapprochement tactique avec le groupe Wagner (devenu Africa Corps), les violences jihadistes n’ont jamais cessé. La Transition, dirigée par les militaires arrivés au pouvoir par la force en 2020, peine à rétablir l’autorité de l’État dans le centre et le nord du pays.
Abdoulaye Maïga a ajouté une accusation lourde de conséquences : il serait « évident » que ces actes « lâches et barbares » n’ont été possibles que grâce à « l’appui de sponsors » extérieurs, sans toutefois les nommer. Cette rhétorique, déjà employée par Bamako pour désigner la France ou certains voisins, pourrait conduire à une radicalisation supplémentaire de la politique étrangère malienne, avec un risque accru d’isolement régional.
Le Premier ministre a par ailleurs rendu un hommage appuyé aux victimes civiles et militaires, citant nommément le ministre de la Défense, Sadio Camara. Une mention qui n’a rien d’anodin dans un contexte où les rivalités internes au sein de la junte sont régulièrement évoquées par des sources diplomatiques. En glorifiant la réponse militaire et en désignant des ennemis extérieurs, Abdoulaye Maïga cherche à verrouiller le soutien intérieur alors que la patience des populations s’éprouve au fil des années de violence.



