La Côte d’Ivoire entend porter la part de l’industrie dans son produit intérieur brut (PIB) à 30 % d’ici 2030. Cet objectif ambitieux a été réaffirmé jeudi à Abidjan par le ministre du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat, Kalil Konaté, lors d’une visite au siège de la Société de gestion et de développement des industries (SOGEDI). Cette annonce s’inscrit dans la stratégie du gouvernement de transformer structurellement l’économie nationale, encore trop dépendante des matières premières.
Pour atteindre cet objectif, Abidjan mise sur le développement accéléré de ses zones industrielles. Quatre programmes d’aménagement ont déjà été finalisés, couvrant 1 450 hectares pour un investissement total de 370 milliards de FCFA (environ 616,7 millions de dollars). Selon le ministre, ces infrastructures constituent la colonne vertébrale de la politique d’industrialisation. Dans les prochains mois, de nouvelles unités modernes doivent sortir de terre dans les pôles économiques stratégiques que sont Abidjan, San Pedro et Bouaké.
L’industrialisation figure comme le pilier central du Plan national de développement (PND) actuel, qui vise à faire du pays un hub industriel régional. La Côte d’Ivoire, première économie de l’UEMOA, cherche ainsi à créer davantage de valeur ajoutée locale, notamment dans les filières agricoles (cacao, noix de cajou) où elle reste un leader mondial mais exporte encore l’essentiel de sa production sous forme brute. Le discours volontariste du ministre traduit la volonté de l’exécutif de rompre avec ce modèle pour générer plus d’emplois et de richesses.
La perspective de ces 30 % de PIB industriel pose toutefois la question des moyens et des conditions de mise en œuvre. Si les zones industrielles se multiplient, le succès de la politique dépendra de la capacité à attirer des investisseurs transformateurs, mais aussi de l’amélioration de l’environnement des affaires, du coût de l’énergie et de la formation de la main-d’œuvre. L’État devra également veiller à un développement équilibré entre Abidjan et l’intérieur du pays, où des villes comme Bouaké sont appelées à jouer un rôle de relais de croissance.
Derrière les chiffres et les projets d’infrastructures, l’enjeu est aussi social. La création d’emplois industriels stables et qualifiés est attendue comme un débouché naturel pour une population jeune et urbaine. La SOGEDI, bras armé de l’État dans ce domaine, est désormais sous pression pour livrer des zones “clés en main” compétitives. La promesse d’un “visage plus radieux” du secteur, formulée par Kalil Konaté, devra se traduire rapidement sur le terrain pour convaincre les opérateurs économiques et répondre aux défis du chômage.



