Huit pays arabes et musulmans, dont l’Égypte, la Jordanie, l’Arabie saoudite et la Turquie, ont condamné fermement l’adoption par la Knesset d’une loi autorisant la peine de mort contre des prisonniers palestiniens. Dans un communiqué conjoint publié le 2 avril par Le Caire, ces capitales dénoncent une législation discriminatoire, qualifiée d’« escalade dangereuse » pour la stabilité régionale.
Le texte adopté le 30 mars introduit la peine capitale pour des actes qualifiés de « terrorisme » par les autorités israéliennes. Concrètement, des Palestiniens de Cisjordanie occupée pourraient être condamnés à mort par défaut par la justice militaire israélienne. Les huit ministres des Affaires étrangères pointent le caractère ciblé de cette mesure : elle ne s’applique qu’aux détenus palestiniens, ce qui revient, selon eux, à institutionnaliser un système juridique à deux vitesses fondé sur l’origine nationale.
Cette condamnation collective intervient dans un climat régional déjà ultra sensible. Le conflit israélo palestinien connaît une résurgence de violences en Cisjordanie, tandis que les négociations de paix sont au point mort depuis des années. Les pays signataires, souvent divisés sur d’autres dossiers géopolitiques, trouvent ici un terrain d’entente : celui de la défense des droits fondamentaux des Palestiniens et du rejet d’une mesure qu’ils jugent contraire au droit international humanitaire.
La riposte ne se limitera probablement pas à des déclarations diplomatiques. Des recours juridiques ont déjà été engagés en Israël même, mais c’est surtout sur le plan international que les capitales arabes entendent peser. Elles appellent à une mobilisation accrue, y compris auprès des chancelleries européennes, dont plusieurs ont déjà exprimé leurs réserves. L’enjeu est clair : éviter que cette loi ne devienne un précédent juridique et n’alimente une escalade sécuritaire difficile à maîtriser.
Au delà de la peine de mort elle même, le communiqué conjoint met en avant un sujet trop souvent relégué au second plan : les conditions de détention des Palestiniens dans les prisons israéliennes. Les ministres évoquent des rapports faisant état de traitements dégradants, de violences systématiques et d’atteintes répétées aux droits fondamentaux. Ce volet humanitaire donne une dimension concrète à la condamnation politique et renforce la pression sur Tel Aviv.
L’onde de choc dépasse largement le monde arabe. Plusieurs capitales européennes ont discrètement mais fermement appelé Israël à reconsidérer une législation jugée incompatible avec les principes démocratiques. Des organisations de défense des droits humains, comme Amnesty International et Human Rights Watch, préparent des notes juridiques détaillées. La question est désormais de savoir si cette coalition arabe, habituellement peu encline à l’action collective contraignante, parviendra à traduire son indignation en mesures diplomatiques concrètes, telles qu’un dossier porté devant la Cour pénale internationale.



