La République démocratique du Congo a levé le voile, lundi 18 mai 2026, sur la liste des 26 joueurs qui disputeront la Coupe du monde organisée aux États-Unis, au Canada et au Mexique du 11 juin au 19 juillet. Une première depuis 1974, quand le pays s’appelait encore le Zaïre. Les Léopards héritent d’un groupe K impitoyable avec le Portugal, la Colombie et l’Ouzbékistan. Leur entrée en lice est programmée le 17 juin face à la Seleção.
Le sélectionneur français Sébastien Desabre a constitué un groupe où l’expérience européenne domine. En défense, les noms de Chancel Mbemba, Aaron Wan Bissaka, Axel Tuanzebe et Arthur Masuaku imposent le respect. Au milieu, Noah Sadiki, Samuel Moutoussamy, Edo Kayembe et Ngal’ayel Mukau apportent une couverture tant défensive que technique. L’attaque, elle, aligne des profils décisifs : Yoane Wissa, Cédric Bakambu, Simon Banza et Fiston Mayele, sans oublier Gaël Kakuta, Théo Bongonda, Meschack Elia et Nathanaël Mbuku.
Il faut remonter à 1974 pour retrouver une sélection congolaise en phase finale de Coupe du monde. À l’époque, le Zaïre de Mobutu avait subi trois défaites humiliantes (0 2 face à l’Écosse, 0 9 contre la Yougoslavie, 0 3 face au Brésil) et quitté la scène sans gloire. Cinquante deux ans plus tard, la RDC revient avec un tout autre visage : professionnalisé, métissé et porté par une génération qui évolue pour la plupart en Angleterre, en France ou en Espagne. Le défi est autant sportif que symbolique.
Les perspectives pour la RDC sont à la fois exaltantes et redoutables. Affronter Cristiano Ronaldo, que ce soit sous ses couleurs portugaises ou non, et une Colombie rugueuse constituera un test grandeur nature pour une équipe peu habituée aux joutes mondiales. Deux matchs de préparation, contre le Danemark le 3 juin à Liège puis face au Chili le 9 juin à Marbella, permettront de jauger la mécanique collective. Si les Léopards parviennent à sortir des poules, ils réaliseront l’un des plus grands exploits du football africain en 2026.
Cette édition 2026, la plus large jamais organisée avec 48 nations, accueillera dix représentants africains. Un record. Aux côtés de la RDC, on retrouve les habitués Sénégal, Maroc, Algérie, Tunisie, Égypte, Ghana, Côte d’Ivoire, ainsi que l’Afrique du Sud et le Cabo Verde. Une présence massive qui atteste des progrès du football continental, mais qui renforce aussi la pression sur chaque sélection pour ne pas se contenter d’une simple figuration. Pour la RDC, l’enjeu est clair : effacer le traumatisme de 1974 et inscrire son nom parmi les nations qui comptent.



