Kinshasa s’apprête à vivre un printemps historique pour la boxe. Outre l’affiche de gala entre les légendes Mike Tyson et Floyd Mayweather, le stade des Martyrs devrait accueillir un choc des poids lourds aux accents de revanche personnelle et de rivalité fraternelle. Selon Ferdinand Ilunga, président de la Fédération congolaise de boxe (FCB), le Français Tony Yoka et le Congolais Martin Bakole ont donné leur accord pour s’affronter lors de cette même soirée, en avril prochain.
Selon les déclarations de Ferdinand Ilunga, recueillies par notre correspondante, les négociations entre les deux camps sont déjà à un stade avancé. « Les deux camps, Martin Bakole et Tony Yoka, sont d’accord pour s’affronter. C’est déjà fait, on a déjà finalisé le protocole d’accord », a-t-il affirmé. Si la date exacte de l’événement n’est pas encore connue, cette officialisation marque une étape décisive pour un combat très attendu. Pour Tony Yoka, médaillé d’or olympique à Rio en 2016, cette opposition représente bien plus qu’une simple exhibition : c’est l’occasion de se relancer face à un boxeur d’élite et de prendre sa revanche après des années de rivalité latente.
Cette annonce s’inscrit dans un contexte de tensions croissantes entre les deux pugilistes. Ces dernières semaines, Tony Yoka et Martin Bakole ont multiplié les passes d’armes médiatiques, notamment sur les réseaux sociaux. Le boxeur français avait jeté de l’huile sur le feu en affirmant que son adversaire ne devait sa notoriété qu’à leur opposition passée, une pique à laquelle Bakole avait répondu vertement sur Instagram avec un photomontage moqueur, traitant son rival de « petit Tintin ». Au-delà de l’aspect sportif, ce combat revêt une dimension personnelle forte pour Yoka, qui a récemment effectué un voyage en RDC pour renouer avec ses racines familiales et présenter des projets sportifs au président Félix Tshisekedi.
L’organisation de ce combat ouvre des perspectives considérables pour la boxe congolaise et africaine. Programmé en lever de rideau du duel exhibition entre Mike Tyson et Floyd Mayweather, il bénéficiera d’une vitrine médiatique planétaire. Pour Tony Yoka, dont la carrière chez les professionnels peine à décoller vers un titre mondial, une victoire à Kinshasa serait un tremplin inespéré. Pour Martin Bakole, boxant sous les couleurs de l’Écosse mais profondément ancré dans son pays d’origine, défendre son rang devant son public serait l’occasion de s’imposer comme une référence incontournable de la catégorie.
Au-delà du symbole, la tenue de ce double événement à Kinshasa interroge sur la stratégie de promotion de la boxe en Afrique centrale. La Fédération congolaise, par la voix de son président, se félicite de ce retour en grâce de la capitale dans le gotha de la boxe mondiale, plus de quarante ans après le légendaire « Rumble in the Jungle » entre Muhammad Ali et George Foreman. Reste à savoir si l’organisation logistique et sécuritaire sera à la hauteur d’un show réunissant quatre poids lourds de la discipline, dont deux légendes vivantes. La réponse sera donnée en avril, sur le ring du stade des Martyrs.



