Le Cap-Vert a officialisé lundi 18 mai 2026 la liste des 26 joueurs qui disputeront la première Coupe du monde de son histoire, du 11 juin au 19 juillet aux États-Unis, au Canada et au Mexique. Une sélection archipélagique, baptisée les Requins Bleus, qui hérite d’un groupe H redoutable avec l’Espagne, l’Uruguay et l’Arabie saoudite.
Sous la direction de Pedro Brito, dit Bubista, le groupe mêle cadres historiques et joueurs issus de la diaspora. Le gardien Vozinha (Chaves, Portugal) sera épaulé par CJ dos Santos (San Diego) et Márcio Rosa (Montana, Bulgarie). En défense, Logan Costa (Villarreal), Roberto Lopes (Shamrock Rovers) et Steven Moreira (Columbus Crew) apportent leur expérience européenne et américaine. Au milieu, Jamiro Monteiro (PEC Zwolle), Kevin Pina (Krasnodar) et Deroy Duarte (Ludogorets) structurent l’entrejeu. Devant, le capitaine Ryan Mendes (Iğdır FK) mène un secteur offensif où figurent Garry Rodrigues, Jovane Cabral et Nuno da Costa.
Cette qualification pour le Mondial 2026 constitue un événement sans précédent pour un pays de moins de 600 000 habitants, habitué à végéter aux marges du football africain. Longtemps dans l’ombre des ténors continentaux, le Cap-Vert a accéléré sa progression grâce à la naturalisation de joueurs issus de sa diaspora portugaise, néerlandaise ou française. La génération actuelle, dirigée par Bubista depuis 2020, capitalise sur une qualification historique à la CAN 2021 et une régularité retrouvée dans le haut du tableau africain.
Sur le terrain, les perspectives sont étroites mais claires : éviter l’humiliation et grappiller des points face à l’Arabie saoudite, l’adversaire le plus accessible du groupe. Les Requins Bleux débuteront le 15 juin contre l’Espagne à Atlanta, un match probablement destiné à limiter les dégâts. Le vrai test interviendra contre l’Uruguay à Miami (21 juin), où l’expérience sud-américaine pourrait faire la différence. Le dernier match à Houston (26 juin) offre une fenêtre pour une performance historique, à condition que l’équipe ne soit pas déjà épuisée physiquement et mentalement.
Bubista a choisi la continuité et la confiance en un noyau de joueurs évoluant majoritairement dans des championnats secondaires européens ou asiatiques. Peu de surprises dans cette liste, sinon la présence de Sidny Cabral (Benfica) ou de Kelvin Pires (SJK Finlande), qui illustrent la stratégie cap-verdienne de capter les talents nés à l’étranger. Ce modèle, efficace sur le papier, pose toutefois la question de la cohésion réelle d’un groupe où la plupart des joueurs ne se côtoient que quelques semaines par an.
Le Cap-Vert est l’une des dix nations africaines présentes à cette édition 2026, aux côtés du Sénégal, du Maroc, de l’Algérie, de la Tunisie, de l’Égypte, du Ghana, de la Côte d’Ivoire, de l’Afrique du Sud et de la RD Congo. Contrairement aux ambitions affichées par les ténors du continent, l’objectif des Requins Bleus est plus modeste mais tout aussi légitime : représenter dignement un petit État insulaire souvent oublié des grandes compétitions. Ne pas prendre de buts face à l’Espagne, tenir une mi-temps contre l’Uruguay, et rêver d’un exploit contre l’Arabie saoudite. Voilà le vrai Mondial du Cap-Vert.



